Syrie: Etats-Unis et Russie annoncent un plan pour une trêve

10 Septembre, 2016, 05:29 | Auteur: Lynn Cook
  • Des enfants jouent près d’une conduite d’eau endommagée dans un quartier de l’est d’Alep en Syrie en août 2016

Mais les deux chefs de la diplomatie n'auront que peu de temps, puisqu'ils doivent tous deux rentrer chez eux vendredi soir.

M. Lavrov a annoncé la création d'un "centre conjoint" russo-américain destiné à coordonner ces frappes, "dans lequel des militaires et des représentants des services secrets russes et américains s'occuperont des questions pratiques: distinguer les terroristes de l'opposition modérée et différencier l'opposition modérée des terroristes".

Après deux jours de tergiversations, le secrétaire d'État américain est arrivé vendredi matin dans un hôtel sur les rives du lac Léman à Genève pour rencontrer M. Lavrov.

Après cinq ans et demi de chaos en Syrie qui a provoqué la mort de plus de 290.000 personnes, M. Kerry est accusé par ses détracteurs de courir après M. Lavrov pour tenter d'arracher à tout prix un accord en Syrie, à quatre mois de la fin de la présidence de Barack Obama.

"Les Etats-Unis et la Russie annoncent un plan qui, nous l'espérons, permettra de réduire la violence" et d'ouvrir la voie "à une paix négociée et à une transition politique en Syrie", a déclaré M. Kerry, qui s'exprimait au côté de son homologue russe.

Cette réunion entre les deux ministres des affaires étrangères russe et américain est la troisième en deux semaines. MM. Or les deux puissances ont des relations glaciales depuis 2012.

Ce dernier, qui a toujours refusé un engagement militaire d'envergure de l'Amérique en Syrie et en Irak, s'est prudemment félicité d'une entrevue "productive" avec le chef du Kremlin.

Mercredi, à Londres, l'opposition modérée syrienne, très affaiblie face au régime et aux jihadistes, avait présenté un plan de transition politique. Mais l'accord à l'ONU ne résout pas la question cruciale du sort réservé au président Bachar al-Assad, dont les Occidentaux souhaitent le départ.

" Ce n'est pas l'ambition qui manque, mais il y a encore certains points qui ne sont pas réglés", a-t-il dit, tout en notant qu'Américains et Russes négocient " un vrai document de cessez-le-feu ".

Coup dur pour les insurgés islamistes, Abou Omar Sarakeb, commandant de l'" Armée de la Conquête", la principale alliance de rebelles, est " mort en martyr " dans la province d'Alep dans une frappe aérienne, selon le Front Fateh al-Cham (ex-Front al-Nosra). M. Erdogan, dont le pays est hostile au régime de Damas, a affirmé s'être entendu avec Barack Obama, en marge du récent sommet du G20 pour "faire le nécessaire" afin de chasser les jihadistes de la ville.

Egalement acteur du drame syrien, le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé être prêt à coopérer avec les Etats-Unis pour chasser le groupe Etat islamique (EI) de sa "capitale" syrienne Raqa.

Russes et Américains négociaient vendredi à Genève dans l'espoir de surmonter leurs différends jusque-là inconciliables sur le conflit meurtrier en Syrie et parvenir au minimum à un cessez-le-feu alors que la situation humanitaire devient de plus en plus critique dans Alep encerclée. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.

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