Manuel Valls demande à Ali Bongo un nouveau "décompte" des résultats — Gabon

09 Septembre, 2016, 03:53 | Auteur: Lynn Cook
  • Séraphin Moundounga: Je me mets du côté du peuple gabonais

Aucun trouble majeur n'était signalé mardi à la mi-journée dans la capitale Libreville. Comme la veille, l'activité a repris au ralenti, chacun attendant avec angoisse l'issue de la confrontation entre pouvoir et opposition.

"Le premier ministre français Manuel a suggéré au président gabonais Ali Bongo un nouveau " décompte " des voix de l'élection présidentielle contestée au Gabon, que " la sagesse commanderait ". Nous avons déjà eu cette expression, il y a contestations et doutes.

Ce nouveau décompte est réclamé par M. Ping qui a lancé lundi un appel virulent à une "grève générale" pour "faire tomber le tyran".

Les deux protagonistes en sont là, dans leurs positions figées, au moment où le temps passe et qu'il reste quelques heures, ce jeudi, à Jean Ping pour saisir la Cour constitutionnelle au sujet de sa revendication portant recomptage des voix. "Nous ne disons pas que l'Etat de Côte d'Ivoire est impliqué, mais des ressortissants ivoiriens haut placés le sont", a-t-il ajouté. Le 30 août, il avait déjà dénoncé des "ingérences multiples", visant la France et la Côte d'Ivoire.

"C'est une question urgente et je pense que la délégation de haut niveau sera envoyée très bientôt", a déclaré Jacob Enoh Eben, porte-parole de l'UA.

Ce sera avec la bénédiction du président Bongo qui a donné son accord à la venue de la délégation qu'il inscrit dans le cadre de l'hospitalité de son pays, même s'il a averti que "tout se fera" avec ses homologues africains dans "le cadre de la loi" gabonaise.

Des manifestations et des pillages ont éclaté dans tout le pays après l'annonce mercredi dernier de la réélection du président sortant. Son ministre de la Justice Séraphin Moundounga, a annoncé lundi qu'il démissionnait.

Mais comme ce dernier juge inféodée au pouvoir la Cour constitutionnelle, le Gabon semble de plus en plus faire une plongée dans l'impasse politique...

TEMOIGNAGE Violences au Gabon: "Je crois bien que c'est foutu." . Au total, ces violences ont fait au moins sept morts, selon un décompte de l'AFP. Selon le ministre, il y a une confusion avec des personnes décédées de mort naturelle ou dans des rixes mais pas du fait des forces de l'ordre.

Mardi après-midi, des partisans de l'opposition se sont rassemblées devant une chapelle ardente baptisée "chapelle des combattants morts pour la patrie" dressée en mémoire des victimes au QG de campagne de M. Ping, ont constaté des journalistes de l'AFP.

La France s'est également inquiétée lundi d'être sans nouvelles de plusieurs de ses ressortissants binationaux au Gabon. Des dizaines de Gabonais cherchent toujours un proche introuvable depuis les centaines d'arrestations qui ont suivi l'annonce de la réélection de M. Bongo.

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