Rencontre tendue entre Barack Obama et Recep Tayyip Erdogan — Turquie

08 Septembre, 2016, 01:13 | Auteur: Lynn Cook
  • Syrie Les terroristes du PYD ont attaqué 2 chars turcs

Lors de cette rencontre en marge du sommet du G20 de Hangzhou, les deux dirigeants " aborderont la campagne contre le groupe État islamique et la nécessité de rester unis", a déclaré lundi au cours d'un point de presse Ben Rhodes, proche conseiller de M. Obama.

L'opération "Bouclier de l'Euphrate" lancée par la Syrie mercredi dernier visait à la fois les combattants kurdes et les jihadistes de l'EI. Elles ont été sommées par Ankara de se retirer des territoires passés récemment sous leur contrôle sur la rive droite du fleuve, puis leurs positions au sud de Djarabulus ont été prises pour cible par des tirs d'artillerie turcs jeudi.

"Il y a eu un premier baril et quand les gens se sont rassemblés et que les ambulances sont arrivées, un deuxième baril a été largué et il y a eu plus de morts". Mais de nombreux observateurs et chefs kurdes en Syrie sont d'accord pour penser que le régime d'Ankara a peur que les Kurdes créent leur propre État en Syrie, ce qui risque de provoquer une contagion chez lui et à Bagdad.

" La République turque est un État souverain et légitime " qui ne peut être mis sur un pied d'égalité avec " une organisation terroriste ", a ajouté le ministre cité par l'agence progouvernementale Anadolu, évoquant le PYD, le Parti de l'Union démocratique des Kurdes de Syrie.

Petite victoire pour Washington. Mais, les Kurdes vont plus loin en accusant les Etats-Unis et la Turquie de faire le jeu de Daesh en recyclant ses combattants dans l'Armée syrienne libre (ASL). Sous le nom des "Forces démocratiques syriennes" (FDS), les forces autonomistes kurdes sont alliées depuis octobre 2015 avec des combattants arabes locaux dans les provinces d'Alep, de Raqqa (nord) et de Hassaké (nord-est).

Pour lui, il serait imprudent de la part de Washington d'offenser Ankara en soutenant les Kurdes, après avoir demandé pendant deux ans à la Turquie d'adopter une position plus ferme face à l'EI. L'intervention militaire d'Ankara en Syrie appuie la détermination des autorités turques à faire respecter la lettre de l'accord.

En visite à Ankara la semaine dernière, le vice-président américain Joe Biden avait "dit très clairement" que les forces kurdes devaient "retraverser" l'Euphrate vers l'est, faute de quoi elles perdraient le soutien des Etats-Unis. Mais "en Syrie, des forces militaires kurdes combattent Daech efficacement", a-t-il encore insisté. Sans appui aérien américain, toute offensive de cette ampleur est inenvisageable. La création d'une enclave kurde dans cette zone est inenvisageable par Ankara.

Le destin de Manbij est également en suspens depuis l'entrée des forces armées turques en Syrie. Le conseil militaire de Manbij n'est qu'une des multiples facettes du dispositif militaire commandé par les forces kurdes dans le nord de la Syrie.

Les forces de sécurité turques subissent des attaques quasi-quotidiennes de la part du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), dont la dernière en date a provoqué la mort d'au moins 11 policiers vendredi à Cizre (sud-est), près de la frontière syrienne.

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