Gabon: Bongo critique les observateurs de l'UE

08 Septembre, 2016, 01:37 | Auteur: Lynn Cook
  • Le gouvernement reconnait l’interpellation des franco-gabonais

Cette province, selon les résultats officiels provisoires, a enregistré un taux de participation de 99,93% et permis au président sortant d'être réélu d'une courte tête (5.594 voix d'avance).

Plus tôt mardi, la France, ancienne puissance coloniale, avait souhaité, par la voix de son Premier ministre, Manuel Valls, un nouveau décompte des voix. "Il n'y a pas de doute. Nous sommes devant un complot qui visait à truquer une élection et prendre le pouvoir par ce biais", a-t-il déclaré, accusant son rival d'avoir "mis en place un système avec des cybercriminels pour venir frauder ". "Il a été répondu que le recomptage n'était pas prévu par la loi électorale gabonaise", a indiqué M. Moudounga à Rfi.

"Nous acceptons toutes les médiations parce que nous voulons que la démocratie et la paix triomphent", a déclaré Jean Ping à la chaîne de télévision France 24. Le 30 août, il avait déjà dénoncé des "ingérences multiples", visant la France et la Côte d'Ivoire.

M. Ping est lui-même ancien président de la Commission de l'UA. "J'ai redouté que le Gabon puisse basculer dans la violence si les résultats étaient rendus publics sans qu'il ne soit procédé au recomptage des résultats, procès-verbal par procès-verbal de chaque bureau de vote". Ainsi, Ali Bongo, proclamé vainqueur de la présidentielle avec 49, 83 pour cent des voix, profite de sa victoire et conseille à son challenger Jean Ping (48,23 pour cent des voix) de saisir la Cour constitutionnelle pour faire d'éventuelles réclamations. Jusqu'à présent, celle-ci refuse, affirmant que la Cour est inféodée à la présidence.

Le porte-parole du gouvernement gabonais, Alain-Claude Bilie-By-Nze, a reconnu mardi que le président Ali Bongo a eu un entretien téléphonique avec le président en exercice de l'Union africaine, Idriss Déby, et qu'il ne voyait aucun inconvénient à accueillir au Gabon une mission des chefs d'Etat de l'organisation continentale. Selon le ministre, il y a une confusion avec des personnes décédées de mort naturelle ou dans des rixes mais pas du fait des forces de l'ordre. "On sait d'où ils viennent, on sait qui en a donné l'ordre", a-t-il conclu, visant à nouveau son opposant Jean Ping.

L'UA a récemment exprimé la volonté d'envoyer une délégation au Gabon en vue d'aider les différentes parties de la crise dans leurs efforts en vue d'une résolution constitutionnelle à la situation post-électorale. Des dizaines de Gabonais cherchent toujours un proche introuvable depuis les centaines d'arrestations qui ont suivi l'annonce de la réélection de M. Bongo.

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