Syrie: Washington dit avoir obtenu une trêve entre Turcs et Kurdes

06 Septembre, 2016, 09:54 | Auteur: Lynn Cook
  • Des chars turcs près de la frontière syrienne le 3 septembre 2016

La Turquie "n'accepte pas" l'annonce d'un cessez-le-feu avec les milices kurdes de Syrie faite la veille par les Etats-Unis, a déclaré mercredi le ministre des Affaires européennes Omer Celik à l'agence progouvernementale Anadolu.

Une trêve a été conclue dans le nord de la Syrie entre l'armée turque et les rebelles du Conseil militaire de Djarablous, soutenus par les Kurdes et allié aux FDS (Forces démocratiques syriennes), a annoncé mardi un responsable militaire kurde.

"Nous avons reçu l'assurance que toutes les parties impliquées vont arrêter de tirer les unes sur les autres et se concentrer sur la menace de l'EI", avait indiqué le colonel John Thomas, porte-parole du Centcom, le commandement militaire américain au Moyen-Orient.

"Les Turcs et les Forces démocratiques syriennes (coalition arabo-kurde dominée par les milices kurdes) ont ouvert des canaux de discussion avec nous et entre eux dans le but de limiter les hostilités", a-t-il ajouté en évoquant un accord de principe "pour au moins les deux prochains jours".

Ankara affirme que cette opération sans précédent vise à débarrasser la frontière à la fois du groupe jihadiste et des milices kurdes YPG (Unités de protection du peuple kurde), qu'elle considère comme une organisation terroriste.

Les tirs d'artillerie et les frappes aériennes menés par la Turquie dans le cadre de l'opération "Bouclier de l'Euphrate" se concentrent sur la zone au sud de Jarablos, ex-fief du groupe Etat islamique (EI) proche de la frontière turque.

Au moins 35 civils ont été tués dimanche dans le nord de la Syrie par des bombardements de l'armée turque au cinquième jour de son offensive visant à la fois les djihadistes et les Kurdes.

Après avoir appelé à la fin des combats, les Etats-Unis avaient assuré mardi soir que la Turquie et les milices kurdes avaient accepté une trêve provisoire.

Le président français François Hollande a mis en garde mardi contre les "risques d'embrasement général" en Syrie avec les "interventions multiples" de la Turquie et de la Russie.

L'Iran, principal soutien du régime syrien de Bachar al-Assad, a demandé à Ankara de cesser "rapidement" son opération en Syrie qui "complique encore davantage la situation" sur le terrain où sont impliqués de nombreux pays, directement ou par combattants interposés.

Ankara a redemandé mardi un retrait des combattants kurdes à l'est de l'Euphrate, conformément à un engagement des Etats-Unis. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.

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