" On fait une campagne pro-Juppé et pas anti-Sarkozy " — Raffarin

29 Août, 2016, 04:56 | Auteur: Lynn Cook

Si Alain Juppé a déclaré que Nicolas Sarkozy n'est pas son "problème " - "je ne suis pas en campagne contre Nicolas Sarkozy, je suis en campagne pour défendre mes idées " a-t-il voulu couper court dès samedi matin -, il a voulu montrer à quel point il souhaite construire une campagne radicalement différente quand il a lâché, dans son discours: "rassembler plutôt que chercher à cliver, rassembler plutôt que vouloir exclure ou stigmatiser, rassembler plutôt que d'exciter les surenchères". Ainsi, après les sorties aux accents nationalistes de Nicolas Sarkozy sur l'immigration, Alain Juppé a, dans la foulée, voulu tempérer les débats pour opposer plus de réserve. Ce n'est "pas une attitude humaine", a-t-il commenté dans Le Figaro. Réaffirmant sa filiation gaulliste, l'ex-Premier ministre de 71 ans, qui promet de ne faire qu'un seul mandat, a décliné son programme pendant près d'une heure, en s'abstenant de prononcer le nom de Nicolas Sarkozy. Outre la position sur le regroupement familial, M. Juppé cite parmi ses divergences avec M. Sarkozy le recours aux ordonnances. "Je suis au contraire persuadé que c'est la voie à suivre", estime le maire de Bordeaux.

Nicolas Sarkozy est attendu lui au Touquet (Pas-de-Calais) samedi au campus des jeunes LR. Alain Juppé bénéficie d'un excellent report de voix des autres candidats. L'effet de "blast" promis par les sarkozystes reste donc à démontrer.

Alors plutôt que de vous retranscrire mot pour mot les propos d'Alain Juppé, on s'est amusé à imaginer à quoi pourrait ressembler son portrait sur le site AdopteUnMec - ou plutôt AdopteUnPrésident. "Il suffit de poser la question pour avoir la réponse", conclut-il. Et il les a harangués, militant pour une forte mobilisation à l'occasion du scrutin des 20 et 27 novembre prochains. Parmi eux, beaucoup de maires, notamment du Val-d'Oise. "Je ne conteste pas la décision du Conseil d'Etat, je propose que le législateur en tire toutes les conséquences". "La République doit engager un dialogue avec nos compatriotes musulmans pour fixer les règles du jeu dans un accord solennel sur les principes de la laïcité", qui comprendra "une charte de la laïcité".

Dans l'hypothèse d'un second tour opposant Nicolas Sarkozy à Alain Juppé, l'ancien Premier ministre distance toujours l'ex-chef de l'Etat, avec 63% d'intentions de vote contre 37% pour Nicolas Sarkozy. Suivent Bruno Le Maire avec 15% (+2), François Fillon, stable à 10%, et Nathalie Kosciusko-Morizet elle aussi stable à 4%, les autres candidats totalisant 9% des intentions de vote.

De son côté, François Fillon, se relancera demain dans son fief de la Sarthe, déterminé à faire mentir cet automne de mauvais sondages qui lui promettent au mieux la troisième place à la primaire.

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