"L'identité heureuse" contre l'identité "réaliste" — Juppé VS Sarkozy

29 Août, 2016, 04:10 | Auteur: Lynn Cook
  • Des soldats pakistanais dans une rue de Peshawar le 2 septembre 2016

Si Alain Juppé a déclaré que Nicolas Sarkozy n'est pas son "problème " - "je ne suis pas en campagne contre Nicolas Sarkozy, je suis en campagne pour défendre mes idées " a-t-il voulu couper court dès samedi matin -, il a voulu montrer à quel point il souhaite construire une campagne radicalement différente quand il a lâché, dans son discours: "rassembler plutôt que chercher à cliver, rassembler plutôt que vouloir exclure ou stigmatiser, rassembler plutôt que d'exciter les surenchères".

Invité du Grand Rendez-vous Europe 1-iTELE-Les Echos au lendemain de son meeting de rentrée à Chatou, près de Paris, le maire de Bordeaux a refusé de parlé de l'ex-chef de l'Etat, préférant se concentrer sur son programme. Puis il planchera devant l'université d'été du Medef, point de passage obligé de la rentrée. Chacun de leur côté, les deux candidats de la primaire à droite ont multiplié les attaques à l'égard de leur principal rival.

Et défendre l'identité française, cela passe pour Nicolas Sarkozy par des propositions durcies sur l'immigration et la sécurité.

"On va gagner mais il va falloir se remuer ", a lancé Alain Juppé à son auditoire.

La polémique du burkini continue en France et le candidat à la primaire de la droite, Nicolas Sarkozy, n'a pas hésité à l'alimenter davantage. "Les Français ont besoin d'élus qui ont du caractère, des valeurs fortes", a-t-il renchéri. Début juillet, Alain Juppé a ainsi estimé que "la logique exige (ait) que les contrôles à la frontières se fassent sur le sol britannique".

Nicolas Sarkozy a profité de son discours au Touquet pour tabler une nouvelle fois la vision de l'identité nationale défendue par Alain Juppé. "Il ne sert à rien de parler d'autorité quand on n'est pas soi-même irréprochable", a-t-il lancé devant 1500 partisans. "Il suffit de poser la question pour avoir la réponse", conclut-il. En revanche, 37% de sympathisants frontistes voteraient Alain Juppé, les 63% restants pour Nicolas Sarkozy.

© AFP/Simon MALFATTO, Kun TIAN. "J'en prends le risque politique", a-t-il dit. Pour enfoncer le clou, il a ironisé sur l'absence d'Edouard Balladur et de Valéry Giscard d'Estaing qui devraient, en toute logique, compléter la liste des candidats.

Selon lui, "le duel de la droite ne doit pas se résumer à un ancien président de la République, un ancien Premier ministre, comme s'il fallait être un ancien quelque chose!"

Bruno Le Maire semble d'ores et déjà assuré de disposer des parrainages nécessaires pour concourir à la primaire. Les deux hommes restent devant Bruno Le Maire (17%, + 2), François Fillon (9%, +1) et Nathalie Kosciusko-Morizet (2,5%, -0,5%).

Recommande: