L'armée turque combat les Kurdes, essuie sa première perte — Syrie

28 Août, 2016, 15:08 | Auteur: Lynn Cook

Après trois jours d'opérations, elle dispose désormais de 50 chars et de 380 soldats en Syrie, selon le quotidien Hürriyet.

Samedi, des affrontements ont éclaté pour la première fois entre des chars turcs et des combattants kurdes ou soutenus par ces derniers, dans la localité d'al-Amarné, également au sud de Jarablos.

Première perte annoncée côté turc, un soldat a été tué samedi dans une attaque à la roquette menée par des membres du Parti de l'Union démocratique (PYD), la principale milice kurde de Syrie, contre deux chars d'Ankara, selon l'agence de presse progouvernementale turque Anadolu. D'après l'OSDH, un nombre de ces combattants ont été également tués dans le bombardement turc mais l'ONG n'était pas en mesure de fournir un bilan dans l'immédiat.

Des dizaines de blindés et des centaines d'hommes sont mobilisés dans le cadre de l'opération "Bouclier de l'Euphrate", qui a été initiée mercredi et vise à la fois le groupe jihadiste Etat islamique (EI) et les milices kurdes. Ces renforts interviennent au lendemain de l'annonce, par Washington et Moscou, de progrès pour parvenir à un cessez-le-feu, mais les modalités d'un accord définitif doivent encore être définies.

La Turquie considère le PYD et son aile militaire, les YPG (Unités de protection du peuple kurde), comme des organisations "terroristes", bien qu'elles soient soutenues en tant que forces combattant efficacement les jihadistes par les Etats-Unis, alliés d'Ankara. Un responsable au sein de l'administration semi-autonome kurde en Syrie a indiqué, cité par l'AFP que des groupes de combattants locaux "sont engagés en ce moment dans des combats aux abord d'al-Amarné contre des chars turcs".

Al-Amarné se situe à 8 km au sud de Jarablos, où les rebelles s'affairaient samedi à désamorcer les engins explosifs laissés par l'EI.

Ankara affirme viser des terroristes alors que les forces pro-kurdes qui luttent contre l'Etat Islamique en Syrie affirment qu'ils sont la cible des attaques turques.

"Avec cette agression, une nouvelle phase du conflit va s'ouvrir dans la région", a-t-il ajouté. Pour Ankara, en conflit avec les Kurdes sur son propre territoire, cette opération vise entre autres à empêcher les Kurdes syriens de former une ceinture continue le long de sa frontière, qui menacerait directement la sécurité du pays.

Plus tard samedi, des tirs de roquette ont frappé l'aéroport de Diyarbakir, grande ville du sud-est de la Turquie, et des combattants kurdes sont suspectés, a annoncé l'agence de presse Dogan, précisant qu'aucune victime n'avait été recensée.

Les forces de sécurité turques subissent des attaques du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) presque quotidiennement; la dernière en date a provoqué la mort de quelque 11 policiers, vendredi à Cizre (sud-est), près de la frontière syrienne.

Par ailleurs, le régime syrien a repris samedi le contrôle de Daraya, après la sortie de l'ensemble des milliers d'habitants, parmi lesquels des insurgés, de cet ex-fief rebelle situé près de Damas et soumis à quatre ans de siège, a déclaré à l'AFP une source militaire.

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