Les discussions échouent entre Lactalis et les éleveurs — Crise du lait

27 Août, 2016, 09:49 | Auteur: Jonathan Ford

Au prix que paie Lactalis, rares sont les producteurs de lait à ne pas perdre de l'argent chaque jour.

La réunion, qui se tenait à la Maison du Lait, à Paris, s'est terminée par un constat d'échec dressé par le médiateur des relations commerciales Francis Amand, nommé par le gouvernement. "Je suis très déçu sur la méthode, j'ai eu l'impression que les représentants des organisations de producteurs n'étaient pas en capacité de prendre des positions et qu'elles leur étaient dictées depuis Laval".

"On ne veut plus quémander".

De son côté, en visite en Vendée, le président de la FNSEA, Xavier Beulin, a déclaré: "On attend évidemment une revalorisation du prix (du lait) et, si possible, un engagement jusqu'à la fin de l'année. Il est urgent que les choses se calment et que l'on revienne à des discussions et un programme de travail pour regarder les choses un peu différemment sur l'avenir", a ajouté le porte-parole de Lactalis. Visiblement, cela n'a pas convaincu les principaux intéressés. Producteur de lait en Mayenne, Florent Renaudier est membre du conseil d'administration de la FNPL, branche laitière de la FNSEA. En effet, en deux ans, le prix de la tonne s'est effondré, passant de 365 euros en 2014 à, donc, 257 euros aujourd'hui. "Il n'y a qu'en France où le syndicalisme agricole refuse la réalité du marché et s'en prend à une entreprise en particulier, avec un discours irresponsable", déplore Lactalis. "Elle devra en assumer les conséquences".

Il avait alors précisé que des réunions avec les organisations de producteurs travaillant avec le groupe étaient déjà prévues. A l'initiative de la France, les producteurs seront aidés pour limiter volontairement leur production. Dans un décor de ferme improvisé, trois vaches laitières se promènent sur le rond-point, entourées de bottes de foin et d'une dizaine de tracteurs sous une chaleur étouffante.

Autour de l'axe routier, les Jeunes Agriculteurs (JA) avaient dressé un chapiteau afin d'accueillir tout le long de la semaine les agriculteurs de l'Ouest qui doivent se relayer sur le site.

"Il faut que l'on sorte vite de cette situation intenable ", lance Hervé Fourny. L'agriculture est un secteur qui peut créer de l'emploi si on ne le vend pas à un libéralisme éperdu qui ne se préoccupe pas des travailleurs, ni de l'environnement, des paysages, de l'alimentation, de la société dans son ensemble!

À l'instar de leurs confrères de l'Ouest, la FDSEA et les Jeunes agriculteurs de l'Aveyron ont mené hier des actions sur les ronds-points de la rocade de Rodez, pour protester contre la dégringolade des prix du lait (chute de 16 % en moyenne en 2015 et de 10 % au premier semestre 2016, pour atteindre un tarif de 0,27 €/litre). Ce dernier n'a jamais été appliqué. En France les producteurs ont été très raisonnables puisqu'ils ont produit sur la base des quotas qu'ils avaient auparavant. Le numéro un mondial des produits laitiers est considéré par les producteurs comme étant "le plus mauvais payeur" parmi les industriels laitiers. Il est notamment présent en Italie depuis 2011 et son OPA hostile sur Parmalat, en Turquie et en Inde.

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