La plus grande offensive turc en Syrie — "Bouclier de l'Euphrate"

27 Août, 2016, 09:06 | Auteur: Lynn Cook

En prenant Jarablos, les rebelles soutenus par les forces turques, repoussent non seulement les djihadistes, mais contrôlent également un point stratégique qui leur permet de créer "une zone tampon contre l'éventualité d'une avancée des Kurdes", a encore expliqué ce responsable. L'armée turque a lancé mercredi une opération sans précédent mercredi en Syrie où elle a envoyé ses chars et ses avions de combat aider les rebelles à chasser l'EI de Jarablos, de l'autre côté de la frontière.

La Turquie, qui compte plus de 20 millions de Kurdes dans le sud de son territoire, s'oppose depuis longtemps à l'expansion de l'influence kurde près de ses frontières, y voyant une menace pour son intégrité territoriale.

Il a indiqué que des chars et des blindé turcs, appuyés par l'aviation de la coalition occidentale, avaient franchi la frontière dans la matinée en direction de Jarablous. Un journaliste de Reuters à la frontière a assisté à d'intenses bombardements et a fait état de colonnes de fumée noire s'élevant de Djarablous.

Deux ans après l'autoproclamation du califat du groupe terroriste Etat islamique, l'armée turque a lancé ce mercredi une opération sans précédent contre les jihadistes et les forces kurdes. Saleh Muslim, le coprésident du PYD, a vivement dénoncé l'opération sur Twitter: "La Turquie dans le bourbier syrien, sera vaincue comme Daech". Si la Russie s'est dite "profondément préoccupée" par cette opération, elle ne peut pas ouvertement la critiquer puisqu'elle vise à combattre le terrorisme, objectif avancé par Moscou pour justifier son intervention en Syrie.

Quel que soit l'avis du Président turc, il n'en reste pas moins certain que les forces kurdes ont été jusqu'à présent l'allié le plus efficace de Washington dans la lutte contre l'État islamique en Syrie.

Depuis lundi, les mortiers turcs tirent aussi bien sur les positions de l'EI à Jarablus que sur celles des YPG pour freiner leur progression.

Les forces turques ont ouvert le feu à 18H00 heure locale (15H00 GMT) après avoir obtenu des renseignements affirmant que les combattants des YPG avançaient dans la région, en dépit de la promesse américaine de les amener à se retirer, selon Anadolu.

Les Unités de protection du peuple (YPG), aile militaire du PYD, se sont emparées mardi de la quasi-totalité de la ville de Hassaka, où elles ont infligé une sévère défaite aux forces pro-gouvernementales. Le nom de l'opération turque, "Bouclier de l'Euphrate", est donc un message au PYD.

Celle-ci intervient alors que le vice-président américain Joe Biden est arrivé en milieu de matinée à Ankara où il doit rencontrer le Premier ministre Binali Yildirim, puis le président Recep Tayyip Erdogan pour des entretiens notamment sur la crise syrienne. Les combats ont été fulgurants, quelques heures à peine. Il est le plus haut responsable américain en visite dans ce pays depuis le coup d'Etat manqué du 15 juillet.

L'autre grand objectif déclaré de l'opération est de mettre un terme à l'avancée de milice kurde.

Les Etats-Unis, qui font, comme la France, partie de la coalition, ont apporté leur soutien à cette opération sur le plan du renseignement, de la surveillance et de la reconnaissance - mercredi, la France a salué " l'intensification des efforts " de la Turquie dans la lutte contre l'EI. Le pays accuse les Kurdes de ne pas respecter un accord passé avec les Etats-Unis sur leur retrait.

Un nouvel attentat samedi à Gaziantep (sud-est), près de la frontière, a fait 54 tués lors d'un mariage kurde, et porte la marque du groupe jihadiste.

Mevlüt Cavusoglu s'est engagé lundi à éradiquer totalement l'EI des zones frontalières de la Syrie après cet attentat.

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