Le Sénat ouvre le procès en destitution de Dilma Rousseff — Brésil

26 Août, 2016, 01:27 | Auteur: Lynn Cook

Le Sénat brésilien vient de donner ce jeudi le coup d'envoi du dernier acte du jugement en destitution de Dilma Rousseff.

Les sondages indiquent une nette tendance en faveur de l'impeachment qui requiert une majorité de 54 voix (les deux tiers des sénateurs).

Il a incarné un Brésil en plein boom socio-économique, qui a sorti près de 40 millions d'habitants de la misère grâce à un cycle économique favorable et des programmes sociaux en faveur des plus démunis.

Cette époque semble révolue.

Elle martèle avec force depuis des mois qu'elle est victime d'un "coup d'État" parlementaire ourdi par son ex vice-président de centre-droit devenu rival, le président en exercice Michel Temer, 75 ans, tout aussi impopulaire qu'elle.

Le Brésil est entré en 2015 dans la pire récession depuis des décennies, sur fond d'inflation élevée, d'explosion du chômage, qui frappe désormais 11 millions de Brésiliens, et un déficit budgétaire de plus de 45 milliards de dollars.

La crise politique a été envenimée par le scandale de corruption au sein du géant public pétrolier Petrobras qui éclaboussait tout autant le PT que le parti de M. Temer et la majeure partie de l'élite politique.

Les Brésiliens eux-mêmes semblent désabusés: " Je ne sais même pas si Dilma est déjà destituée ou si elle est encore présidente ", confie, à Sao Paulo, Miralva de Jesus Santos, couturière au chômage de 58 ans.

Si elle est reconnue coupable de maquillage des comptes publics et d'avoir signé des décrets engageant des dépenses imprévues sans l'accord du Parlement, elle perdra immédiatement son mandat.

"Nous devons garder espoir", a lancé mercredi soir Mme Rouseff, entourée de ses partisans dans un petit théâtre de Brasilia, promettant de se battre "avec la même force que quand j'ai lutté contre la dictature militaire".

Lundi prochain, Mme Rousseff ira elle-même assurer sa défense durant 30 minutes face à un hémicycle hostile. Il est aujourd'hui inculpé pour "tentative d'entrave à la justice" dans l'affaire Petrobras.

A l'inverse, abandonnée par ses anciens alliés, Mme Rousseff a perdu toute capacité de gouverner. Si elle est innocentée, cette économiste retrouvera son mandat.

Sa défense soutient qu'il n'y a pas de preuves concrètes pour la condamner et que tous ses prédécesseurs ont eu recours à ces "pédalages budgétaires".

Mme Rousseff avait tenté de couper dans les dépenses au début de son deuxième mandat en 2014 s'attirant les foudres de ses sympathisants. Les détracteurs de Dilma Rousseff avancent qu'elle a commis ce geste pour gagner des appuis et que ses manoeuvres ont aggravé la récession de la plus grande économie d'Amérique latine. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

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