Les Etats-Unis soutiennent l'opération anti-EI de la Turquie

25 Août, 2016, 08:21 | Auteur: Lynn Cook

Des F-16 turcs et des avions de la coalition ont largué des bombes sur des sites jihadistes à Jarablos, pour la première fois depuis la destruction en novembre 2015 par la chasse turque d'un avion de combat russe au-dessus de la frontière turco-syrienne, a ajouté la télévision. "La Syrie réclame la fin de cette agression", précise le texte".

"Jarablos est complètement libérée", a affirmé à l'AFP Ahmad Othmane, commandant du groupe rebelle "Sultan Mourad" ayant pris part à l'offensive pour s'emparer de cette localité située dans le nord syrien, à la frontière turque.

Une offensive de poids lancée en Syrie alors même que le vice-président américain Joe Biden est arrivé mercredi à Ankara dans le cadre d'une tournée régionale.

Il avait également assuré que les Etats-Unis avaient clairement signifié aux forces rebelles syriennes -qu'ils soutiennent- de ne pas avancer plus au nord.

L'armée turque, soutenue par les forces de la coalition internationale antijihadiste, a lancé à l'aube ce qui est sa plus importante opération militaire en Syrie depuis le début du conflit il y a plus de cinq ans.

"La Turquie, à tort ou à raison, considère qu'il y a des liens entre, du côté turc, le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), que nous considérons aussi comme une organisation terroriste, et au moins une partie des Kurdes du côté syrien".

Ankara voit avec anxiété toute tentative des Kurdes de Syrie de créer une unité territoriale autonome le long de sa frontière.

Selon le géographe français expert de la Syrie, Fabrice Balanche, Jarablos compte 30.000 habitants, dont la moitié de déplacés.

La situation en Syrie, comme la question de l'extradition de l'ex-imam Fethullah Gülen, exilé aux Etat-Unis, que les autorités turques désignent comme le cerveau du putsch avorté du 15 juillet en Turquie, seront à l'ordre du jour des discussions du vice-président américain à Ankara.

La Turquie est soucieuse en effet d'empêcher l'avancée des Forces démocratiques syriennes (FDS) de Minbej vers Jarablos et ne veut pas que les Kurdes se positionnent davantage à la frontière.

Après avoir été longtemps accusée de complaisance à l'égard des combattants jihadistes, la Turquie affirme désormais qu'elle a pour objectif d'éradiquer l'EI. Décidées à nettoyer " la frontière de l'EI ", les troupes turques appuient avec de l'artillerie, mais aussi avec des forces spéciales, l'offensive des combattants de l'Armée syrienne libre sur Djarabulus, dernier fief de l'EI, afin de prendre la ville avant les forces kurdes.

Saleh Muslim, le coprésident du PYD, a vivement dénoncé l'opération sur Twitter: "La Turquie dans le bourbier syrien, sera vaincue comme Daech".

La Turquie a connu de nombreux attentats cette année, dont le dernier en date à Gaziantep qui a fait 54 morts pendant un mariage.

La Russie qui soutien militairement Damas s'est dite "profondément préoccupée" par l'opération, s'inquiétant d'une possible aggravation des tensions entre Ankara et les milices kurdes.

La France "a salué l'intensification des efforts de la Turquie, partenaire de la coalition, dans la lutte contre Daech" par la voix d'un porte-parole des Affaires étrangères.

La Syrie a condamné l'opération turque comme une "violation flagante" de son territoire. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.

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