Lilesa "ne devrait pas être inquiet" pour sa vie

23 Août, 2016, 05:43 | Auteur: Ruben Ruiz

Son geste sur la ligne d'arrivée du marathon dimanche matin ne laissait pas de place au doute: les bras croisés au-dessus de sa tête, comme s'ils étaient ligotés, Feyisa Lilesa faisait là une référence directe au geste utilisé lors de récentes et importantes manifestations anti-gouvernementales violemment réprimées en Ethiopie. Assumant ce soutien aux militants de son pays, Lilesa a réitéré le même geste face aux caméras et aux appareils photo.

Les Éthiopiens sont loin d'être satisfaits par rapport à l'objectif que la délégation s'était fixée de remporter au moins 12 médailles dont quatre en or, quatre argent en et quatre en bronze aux Jeux Olympiques de Rio. Le gouvernement tue mon peuple, les Oromos.

"Depuis neuf mois, un millier de personnes ont été tuées (.) J'ai des proches en prison au pays. Plusieurs dizaines de manifestants ont été tués début août dans les régions Oromo (centre et ouest) et Amhara (nord)". Il s'agissait d'un signe de soutien aux manifestants qui sont tués par le gouvernement éthiopien.

L'Ethiopie est actuellement le lieu de violentes répressions de la part du pouvoir politique, à l'encontre de deux ethnies, les Oromos, et les Amharas. Certains ont été privés de leurs terres, tués par le gouvernement.

"Les gens normaux protestent aujourd'hui pour ce qui est bien, pour la paix, comme les démocrates", a expliqué dans un anglais approximatif le marathonien.

Ce n'est pas la première fois que les Jeux Olympiques sont les hôtes de messages politiques aussi forts venant des athlètes. Le Front éthiopien populaire révolutionnaire et démocratique a régné sur le pays ces 25 dernières années et a encore remporté presque tous les sièges au Parlement lors des élections 2015, un scrutin qui a été dénoncé par l'opposition. L'athlète envisage de rester quelques temps au Brésil, en espérant obtenir plus tard un visa pour rejoindre le Kenya ou les Etats-Unis.

En mêlant politique et sport, Feyisa Lilesa a pris le risque de se voir sanctionné par le Comité olympique. Selon lui, l'Éthiopie est en train d'éradiquer sa population.

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