Jugé "suspect", un journaliste franco-marocain expulsé d'une église — Châteaubriant

03 Août, 2016, 00:43 | Auteur: Lynn Cook
  • La scène s'est déroulée lors d'une messe à Chateaubriand

La peur, cette mauvaise conseillère, aurait-elle dicté la décision prise par deux femmes gendarmes d'expulser un journaliste de Ouest France, sans autre forme de procès, venu assister à la messe célébrée dimanche dans l'Eglise Saint-Nicolas de Châteaubriant, dans la Loire-Atlantique?

Ouest-France a retracé le déroulé de l'incident. Le journaliste avait été contraint de sortir de l'église, escorté de deux gendarmes, pour s'expliquer, avant de pouvoir rentrer de nouveau. "J'ai répondu "oui" et elles m'ont demandé de les suivre à l'extérieur", raconte le correspondant de presse à son journal. En cause? Son air "suspect", cinq jours après le meurtre par deux terroristes du père Jacques Hamel à Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime).

Sur le parvis de l'église, les gendarmes ont pris conscience de leur méprise et se sont confondues en excuses, assure "Ouest France". L'homme d'église déplore: "Si, même dans les églises, on ne peut pleut plus entrer sans sentir d'abord la bienveillance des frères et leur accueil inconditionnel, alors un des derniers remparts de la fraternité est en train de s'écrouler, et c'est toute notre société qui va se déliter à vitesse grand V".

"Qu'il soit remercié pour sa compréhension."
"Je pardonne. La peur n'est pas quelque chose de raisonné". "Ce qui s'est passé servira peut-être de leçon et permettra à chacun d'être plus prudent et moins jugeant afin que ça ne se reproduise plus", espère-t-il. Personnellement, j'en doute... Ou alors, est-ce le teint basané d'un visage et ses traits méridionaux qui signalent un individu potentiellement dangereux?

De son côté, le père Patrice Éon, qui célébrait la messe, a exprimé sa plus vive indignation, tout en demandant pardon "au nom de toute la communauté chrétienne " au journaliste de Ouest France si injustement refoulé, appelant à ne pas céder à la peur irrationnelle qui conduit à des actes déraisonnés. C'est évident que non!

L'information a été largement partagée sur les réseaux sociaux et a fait réagir, certains internautes dénonçant un exemple de "racisme" et un "délit de faciès". "Va-t-on se mettre à suspecter tout visage nouveau qui entre dans notre assemblée sous prétexte que nous ne le connaissons pas?", a écrit le curé.

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