Erdogan accuse l'Occident de soutenir le "terrorisme" et les putschistes

03 Août, 2016, 01:51 | Auteur: Lynn Cook
  • Le président turc s'en prend désormais à la justice italienne. Plus généralement il accuse l'Occident de soutenir le PKK et les putschistes

Décrite jusqu'en 2010 dans la Constitution comme la "gardienne de la République turque " et de sa laïcité, l'armée est ressortie humiliée après le coup d'État raté auquel ont pris part une partie de ses soldats et hauts gradés, tirant sur la foule et bombardant des objectifs dans les grandes villes.

"L'interdiction par la justice allemande, de l'allocution du président turc, Recep Tayyip Erdogan, devant les personnes rassemblées pour protester contre la tentative de coup d'Etat, est totalement contraire aux valeurs démocratiques".

Dimanche à Cologne (ouest), un rassemblement de partisans du président Erdogan est prévu à partir de 15H00 locale (13H00 GMT), soit un peu plus tard que programmé à l'origine. Certains tenaient des banderoles à la gloire d'"Erdogan, combattant des libertés" ou proclamant "Triomphe de l'indépendance". Les organisateurs en espéraient jusqu'à 50.000. Parmi eux, se trouvaient des médecins militaires.

Il " condamnera dans les termes les plus fermes le récent coup d'État et réaffirmera l'importance de notre partenariat durable pour la sécurité régionale", a précisé l'ambassade américaine en Turquie dans un communiqué.

A Cologne, la police avait déployé 2.700 hommes en prévision d'éventuels incidents, plusieurs petites manifestations ou contre-manifestations se déroulant en parallèle en divers endroits.

Cette base a été dans le collimateur du pouvoir turc pour avoir servi de lieu de ravitaillement des avions de combat qui ont survolé Istanbul et bombardé des bâtiments à Ankara, dont le Parlement, dans la nuit dramatique du 15 au 16 juillet. La police de Cologne a menacé un temps d'interdire la manifestation si des représentants du gouvernement turc devaient y intervenir, ce qui ne sera finalement pas le cas. - 'Tensions politiques' - "Amener les tensions politiques internes de la Turquie chez nous (...) et intimider les gens qui ont d'autres convictions politiques, ça ne va pas", a déclaré le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, au journal Süddeutsche Zeitung. Finalement, c'est le ministre turc de la Jeunesse et des Sports, Akif Cagatay Kilic, qui sera présent. Mais au même moment le gouvernement turc a jeté de l'huile sur le feu en demandant à l'Allemagne d'extrader les membres présents sur son territoire du réseau du prédicateur Fethullah Gülen, accusé par Ankara d'avoir ourdi la tentative de putsch.

Le général Joe Dunford doit aussi réaffirmer l'importance des relations entre Washington et Ankara.

M. Erdogan s'en est également pris à l'Union européenne (UE) "qui n'a pas rempli ses promesses" en ce qui concerne le versement de trois milliards d'euros dans le cadre de l'accord sur les migrants et des visas facilités pour les Turcs.

Recommande: