Prêtre tué: les deux jihadistes se sont rencontrés sur Telegram

01 Août, 2016, 02:01 | Auteur: Sandy Vega
  • Abdel Malik Petitjean et Adel Kermiche

Un cousin d'Abdel Malik P., Farid K., 30 ans, a été déféré dimanche 31 juillet 2016, en vue de sa mise en examen, dans l'après-midi, par un juge.

Le cousin incriminé "avait parfaitement connaissance, si ce n'est du lieu et du jour précis.au moins de l'imminence d'un projet d'action violente de son cousin", selon le parquet de Paris, qui a requis son placement en détention provisoire.

Petitjean s'est ensuite rendu le 23 juillet à Saint-Etienne-du-Rouvray et son téléphone a "borné" dans la commune, notamment dans la zone du domicile de Kermiche, jusqu'au 26, jour de l'attaque.

Le parquet avait ouvert ce matin une information judiciaire pour participation à une association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste et "assassinat en bande organisée, commis en raison de l'appartenance de la victime à une religion, en relation avec une entreprise terroriste".

Les deux jihadistes, âgés de 19 ans, "se parlaient, se connaissaient sur les réseaux, sur Telegram", dit un membre du groupe qui suivait le compte Telegram de Kermiche, interrogé par la VDN. Mais, selon une source proche de l'enquête, "aucun élément n'a démontré qu'il avait une quelconque implication dans les faits".

La mère d'Abdel Malik Petitjean affirme quant à elle que son fils était parti lundi 25 juillet en covoiturage pour, lui avait-il dit, rejoindre un cousin à Nancy. Il s'agit de la soeur d'Abel Malik Kermiche et de son compagnon. "Ils continuent à analyser les échanges des tueurs sur l'application Telegram". "Décrypter le protocole de chiffrement prend du temps et ce travail est d'autant plus complexe que Kermiche et Petitjean étaient en lien avec de nombreuses personnes sur ce réseau social", a expliqué à l'AFP une source proche du dossier.

La garde à vue du mineur de 16 ans a été levée samedi, même s'il n'en a pas fini avec la justice, des documents de propagande jihadiste ayant été retrouvés dans son téléphone ainsi que dans son ordinateur. Ces éléments ont été transmis par le parquet de Paris à son homologue de Rouen, territorialement compétent et qui pourrait décider d'ouvrir une procédure distincte pour "apologie du terrorisme".

L'enquête sur la prise d'otages et l'assassinat du père Hamel dans son église de Saint-Etienne-du-Rouvray progresse. Les services antiterroristes se demandent s'il a pu jouer un rôle depuis la Syrie dans l'attentat de mardi.

Dans une autre enquête liée à une filière de candidats au jihad, un autre homme lié à Petitjean, Jean-Philippe J., 20 ans, a lui aussi été mis en examen dimanche et écroué. Une vidéo de Petitjean datant de courant juillet dans laquelle celui-ci prêtait allégeance à l'EI et évoquait "une action violente", avait été retrouvée chez lui dans un téléphone.

Le 10 juin, il s'était rendu en Turquie avec Abdel Malik Petitjean, mais avait été refoulé du pays le lendemain.

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