Catholiques et musulmans main dans la main — Prêtre assassiné

01 Août, 2016, 02:46 | Auteur: Aubrey Nash
  • L'archevêque de Rouen Dominique Lebrun conduit une messe à la cathédrale de Rouen le 31 juillet 2016

Farid K. avait été déféré quelques heures plus tôt. A 71 ans, cette fidèle de la grande mosquée de Paris trouvait évident de répondre à l'appel du Conseil français du culte musulman (CFCM) d'assister aux messes dominicales. Une cérémonie?cuménique est prévue dans une église de Bordeaux.

La communauté musulmane stéphanaise exprime un fort rejet d'une éventuelle inhumation, dans un des deux carrés musulmans de Saint-Etienne-du-Rouvray, d'Adel Kermiche, le terroriste de 19 ans habitant la ville et un des deux auteurs de l'attentat. Sous le regard bienveillant du père Auguste Moanda, des musulmans en kamis et kufis, tenue traditionnelle portée pour la prière, se sont joints à quelque 400 catholiques sur les bancs de l'église Sainte-Thérèse du Madrillet.

Le père Jean Rouet, vicaire général du diocèse, a invité les participants à se tenir la main et, "chacun selon sa foi et ses convictions, à se recueillir longuement".

Dans Le Journal du Dimanche, une quarantaine de personnalités musulmanes de France se disent "concernées par l'impuissance de l'organisation actuelle de l'islam de France, qui n'a aucune prise sur les événements". Omar C., 19 ans, lui aussi "fiché "S" et arrêté dans une enquête distincte deux jours avant la prise d'otages de Saint-Etienne-du-Rouvray, a été mis en examen vendredi". De son côté, Abdel Malik Petitjean a posté, courant juillet, une vidéo où il prête allégeance à Daesh et où il fait état d'un projet d'action violente contre la France.

Un demandeur d'asile syrien avait également été placé en garde à vue. Il serait proche de l'un des deux tueurs, Adel Kermiche, il est parti dans la zone irako-syrienne en 2015 et les services antiterroristes se demandent s'il a pu jouer un rôle depuis la Syrie dans l'attentat de mardi, le premier perpétré dans un édifice religieux en France.

Le deuxième est un Français de 30 ans, dans l'entourage familial de Petitjean, qui réside en Meurthe-et-Moselle. Les investigations se poursuivent pour mettre en lumière les connexion complexes autour des deux jihadistes. Après une seconde tentative en mai 2015, il avait été incarcéré, avant d'être libéré en mars 2016, contre l'avis du parquet, et assigné à résidence sous surveillance électronique. "L'exploitation de son téléphone et de son ordinateur a révélé qu'il en savait bien plus que ce qu'il a voulu dire aux enquêteurs", selon la source proche du dossier. Abdel Malik Petitjean, qui n'était pas à l'époque signalé pour radicalisation, était aussi rentré en France.

La mère d'Abdel P. affirme quant à elle que son fils n'est parti que le lundi 25 juillet en covoiturage pour, lui avait-il dit, rejoindre un cousin à Nancy. "Malik était adorable. Crédule".

Il dit aussi avoir "peur pour (sa) fille", née de sa relation avec la mère d'Abdel Malik.

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