Allemagne: manifestation pro-Erdogan sous tension

01 Août, 2016, 00:28 | Auteur: Lynn Cook

Pour être adoptée, elle devra recueillir la majorité des deux tiers au Parlement.

- 'La petite Istanbul' - Dans le quartier berlinois de Kreuzberg, surnommé "la petite Istanbul" du fait de l'importante diaspora qui y vit, des drapeaux turcs fleurissent ça et là aux fenêtres depuis le coup d'Etat manqué, signe que les soubresauts de la vie politique à Ankara intéressent plus que la situation en Allemagne.

Des étudiants de l'Académie militaire ont été arrêtés après la tentative de coup d'Etat et placés en garde à vue.

Fethullah Gülen était devenu la bête noire de Recep Tayyip Erdogan en 2013 après qu'un scandale de corruption eut publiquement éclaboussé des proches de ce dernier, qui était à l'époque Premier ministre -il est devenu président en août 2014- et qui avait accusé son ancien allié d'avoir orchestré ce scandale.

La police locale, qui va déployer 2.300 agents, attend jusqu'à 30.000 manifestants à partir de 10h00 (08h00 GMT) à Cologne, la métropole rhénane, qui compte une importante minorité turque ou d'origine turque.

En parallèle, en effet, plusieurs contre-manifestations distinctes aux objectifs divers sont prévues à partir de la fin de matinée, à l'initiative de mouvements allemands de gauche ou d'un groupe d'extrême-droite local islamophobe. L'appel à la manifestation pro-pouvoir turc, dont le mot d'ordre est " contre le coup d'Etat et pour la démocratie " a été lancé par l'Union des démocrates européens turcs (UETD), un lobby pro-Erdogan. Les organisateurs ont tenté d'avoir une intervention vidéo en direct du président Erdogan, mais les autorités ont refusé, craignant que cela n'exacerbe les tensions.

Les responsables allemands s'inquiètent des éventuels débordements que pourrait causer la manifestation.

Le tribunal d'Istanbul a décidé vendredi de mettre en examen 17 journalistes qui seraient liés au prédicateur turc Fethullah Gülen que les autorités turques accusent d'être à l'origine de la tentative de putsch du 15 juillet, rapporte l'agence turque Anadolu.

Le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, avait dénoncé jeudi des purges qui "dépassent toute mesure", estimant qu'"on ne pouvait se taire" face à l'ampleur des arrestations.

Le ministre de l'Intérieur de la région de Cologne, Ralf Jäger, a prévenu pour sa part qu'en cas d'"appels à la violence", "la police interviendra de manière rigoureuse", alors que les adversaires de M. Erdogan en Allemagne se plaignent de recevoir menaces et insultes. Plusieurs d'entre eux se sont plaint de harcèlements par les pro-Erdogan depuis que les purges ont commencé en Turquie.

Ces tensions surviennent à un moment où les relations entre l'Allemagne et la Turquie se sont déjà beaucoup détériorées, après le vote par les députés allemands en juin d'une résolution qualifiant de "génocide" le massacre des Arméniens sous l'empire Ottoman en 1915.

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