Les religions de France appellent à l'unité après le meurtre du prêtre

30 Juillet, 2016, 01:13 | Auteur: Lynn Cook
  • François Hollande entouré du maire de Saint-Etienne-de-Rouvray Hubert Wulfranc et du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, s'adresse à la presse le 26 juillet 2016 à saint-Etienne-de-Rouvray

Les représentants religieux demandent en outre une sécurité renforcée des lieux de culte.

Au lendemain de la prise d'otages sanglante de Saint-Étienne-du-Rouvray, revendiquée par Daesh, François Hollande recevait ce matin les représentants des cultes à l'Élysée. "Daech désire jouer avec la démocratie et la vaincre et Daech perdra, cela nous a été assuré et cela nous le croyons", a-t-il ajouté.

"Un message relayé par l'archevêque de Paris André Vingt-Trois". Il a ajouté que "nous ne pouvons pas nous laisser avoir par le jeu politique de Daesh". C'est en ces termes que Dalil Boubakeur, recteur de la grande mosquée de Paris, a résumé la position des représentants des cultes en France.

Dès mardi soir, le premier ministre Manuel Valls avait estimé que l'objectif de l'EI est de "jeter les Français les uns contre les autres, s'attaquer à une religion pour provoquer une guerre de religions". "Il y a beaucoup de chrétiens dans le monde qui n'ont pas cette chance", estimait Mathilde, 36 ans, venue "montrer qu'on n'a pas peur" et "pour être ensemble".

Au lendemain de l'attentat revendiqué par Daech dans une église de Saint-Etienne-du-Rouvray, François Hollande a reçu à l'Elysée les responsables religieux. Et c'est ce que cherche Daech: "diviser et dresser musulmans contre catholiques".

"Le vrai risque, c'est une radicalisation d'une partie de l'opinion catholique, dont une part non négligeable déjà vote Front national", le parti d'extrême droite, juge cependant Odon Vallet, historien français des religions.

Issu d'une famille d'origine algérienne sans histoire, mais souffrant de troubles du comportement, il était assigné à résidence avec un bracelet électronique depuis mars, après une dizaine de mois en prison, dans l'attente d'un procès pour avoir tenté à deux reprises, en 2015, de se rendre en Syrie. "Tous ses repères se sont évanouis et elle s'est accrochée à un discours qui ne correspond plus à la réalité", a-t-il accusé.

"Sur un autre plan, face aux demandes de la droite d'un durcissement de la législation antiterroriste, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a rejeté l'idée d'une mise en rétention des personnes fichées pour radicalisation: " C'est anticonstitutionnel " et par ailleurs " ce serait totalement inefficace ".

Frappée trois fois en 18 mois par des attentats djihadistes sans précédent (17 morts en janvier 2015, 130 le 13 novembre, 84 le 14 juillet), la France reste sous une "menace très élevée", a répété mardi François Hollande.