Le parquet requiert un procès pour le Front national

23 Juillet, 2016, 00:52 | Auteur: Lynn Cook
  • Le trésorier du FN Wallerand de Saint-Just le 25 avril 2016 à Paris

La justice soupçonne un système d'enrichissement frauduleux aux frais de l'Etat dans l'enquête sur le financement de ses campagnes de 2012.

Le parquet de Paris a requis le renvoi en correctionnelle du Front national et de deux de ses dirigeants, dont le trésorier Wallerand de Saint-Just, dans l'enquête sur le financement des campagnes électorales du parti en 2012, a-t-on appris vendredi de source judiciaire. Ils ont été fournis à quelque 525 candidats aux législatives de 2012 par Riwal, une société dirigée par un très proche de Marine Le Pen, Frédéric Chatillon.

Le parti de Marine Le Pen est mis en cause car la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), dans son rapport annuel, estime que le parti de Marine Le Pen a déclaré des comptes de campagnes surévalués à hauteur de 1,2 millions d'euros.

Dans ses réquisitions, signées le 11 juillet, le parquet demande aussi que le FN soit jugé pour complicité d'escroquerie et recel d'abus de biens sociaux. Les autres protagonistes - Riwal et Jeanne - ont aussi contesté les faits. Pour les acheter, les candidats devaient contracter un prêt avec intérêts auprès de Jeanne. Les juges pensent que derrière ce montage complexe se cachent des prestations gonflées et surfacturées au détriment de l'Etat, qui rembourse les frais de campagne aux candidats dépassant 5% des voix. "C'est automatique. Nous avons deux mois pour répondre et ensuite, les juges Van Ruymbeke et Buresi exigeront leur ordonnance: soit un renvoi devant le tribunal correctionnel, soit une ordonnance de non-lieu" explique Wallerand de Saint-Just, le trésorier du FN visé par la demande du parquet. Le parquet requiert également le renvoi en procès de Frédéric Chatillon pour faux, escroqueries, abus de biens sociaux, ainsi que les personnes morales Riwal, pour financement illégal de campagnes électorales et escroqueries, et Jeanne pour escroqueries.

Marine Le Pen a depuis été entendue sous le statut de témoin assistée, sans être mise en examen.

Dans un communiqué, l'avocat du Front national, Me David Dassa-Le Deist souligne que la formation "réfute depuis le début de cette enquête avec la plus grande fermeté les charges artificielles retenues contre lui".

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