La clause de conscience qui fait peur aux femmes — Pharmaciens

23 Juillet, 2016, 00:40 | Auteur: Jonathan Ford
  • La ministre des Droits des Femmes Laurence Rossignol affirme que si cette consultation était

Quelques minutes après la publication du communiqué du ministère, Isabelle Adenot publiait son propre communiqué pour dénoncer les propos de Laurence Rossignol, "consternants à ce niveau de responsabilité de l'État" selon elle, accusant la ministre de créer "un climat de désinformation très préjudiciable pour les patients et le public".

Une proposition de clause de confiance publiée au premier semestre 2016 sur le forum de l'Ordre des pharmaciens a été suspendue, car elle menaçait le droit à la contraception à cause de sa formulation floue. Elle leur permettrait de refuser de délivrer des médicaments si c'est en désaccord avec leurs convictions personnelles. Un code de déontologie datant de 1995 régit les activités des spécialistes dans les officines.

L'article n'est pas encore intégré dans le nouveau code de déontologie des pharmaciens. Dans un post, il avance plusieurs arguments qui viennent démontrer l'inutilité de l'existence d'une clause de conscience.

Le Conseil national a délibéré début juillet sur un projet de nouveau code mais il était "très divisé" sur l'introduction d'une clause de conscience.

"Sans préjudice du droit des patients à l'accès ou à la continuité des soins, le pharmacien peut refuser d'effectuer un acte pharmaceutique susceptible d'attenter à la vie humaine, stipulait l'article litigieux". "À partir de quand un acte pharmaceutique porte-t-il atteinte à la vie humaine?"

L'Ordre des pharmaciens souhaitait introduire une clause de conscience dans le nouveau code de déontologie car certaines professions de santé (comme les médecins, infirmiers, sages-femmes) en sont dotées d'une, excepté les pharmaciens.

Rapidement, sur internet le lien est fait avec la délivrance de contraceptifs. Au-delà d'une simple modification du texte, ils attendent un retrait de cette clause de conscience.

L'organisation féministe "Osez le féminisme" a aussi partagé sa colère. Cette clause n'a donc aucune raison d'être. Le Moniteur des pharmacies explique que le conseil national doit se réunir en septembre "pour la délibération finale". La réponse, au vitriol, ne s'est pas faite attendre.

Problème, comme le rappelle Isabelle Adenot, présidente de l'Ordre national des pharmaciens, " il n'a jamais été question de remettre en cause le droit des femmes à bénéficier de moyens contraceptifs et d'un accès à l'avortement. "Un procès d'intention totalement injustifié, assure pourtant Isabelle Adenot, la présidente de l'Ordre". L'histoire pourrait finir là mais pour montrer sa bonne volonté, le 21 juillet l'Ordre abandonne la consultation: la clause disparaîtra ou sera re-rédigée.

La réplique du conseil de l'Ordre, cinglante, ne s'est pas fait attendre. "La problématique de la clause de conscience ne se situe pas du tout autour de la contraception mais de la fin de vie". Une disposition polémique qui alarme certains professionnels et politiques qui y voient une menace pour la contraception.

Une pétition a été créée par un collectif de pharmaciens contre l'article et d'après l'un des membres, "la contraception sera forcément touchée et c'est la première chose à laquelle on pense mais cette clause est tellement vague que d'autres produits pourront être concernés comme les steril'box, les seringues jetables, la méthadone pour les dépendants aux drogues, mais aussi des antidouleurs..."

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