Le terroriste semble s'être radicalisé rapidement d'après Bernard Cazeneuve — Attentat de Nice

18 Juillet, 2016, 08:22 | Auteur: Sue Barrett

Évoquant un "attentat d'un type nouveau" qui "montre l'extrême difficulté de la lutte antiterroriste", le ministre de l'Intérieur a aussi promis de "renforcer la présence des forces de sécurité" sur le terrain. Outre son ex-épouse, quatre hommes de son entourage ont été interpellés vendredi et samedi à Nice et placés en garde à vue.

Selon des sources policières, il ressort des auditions un basculement "récent" vers "l'islam radical" de Lahouaiej-Bouhlel, un homme violent qui ne manifestait au départ aucun intérêt particulier pour la religion.

L'attaque de Nice a été revendiquée samedi par les jihadistes de l'Etat islamique, comme les attentats parisiens du 13 novembre, les plus meurtriers jamais commis en France avec 130 morts. "Il a exécuté l'opération en réponse aux appels lancés pour prendre pour cible les ressortissants des pays de la coalition qui combat l'EI", a rapporté l'agence Amaq, liée au groupe EI.

Si cette revendication semble "vague", des experts, interrogés par l'AFP, soulignent que l'EI ne s'est jamais jusqu'ici attribué des attaques de manière "opportuniste".

L'homme n'était pas signalé pour une quelconque radicalisation. "Il devenait colérique, il criait, il cassait tout ce qu'il trouvait devant lui".

Son acte a entraîné la prolongation de l'état d'urgence pour trois mois supplémentaires, les craintes terroristes se multipliant.

"Je voudrais savoir ce qui était pris comme mesure en situation de guerre, en état d'urgence, pour que l'on ne tue pas avec cette arme-là dans une grande ville de France", a ainsi demandé samedi Christian Estrosi, président Les Républicains de la région Paca, en écho aux critiques de plusieurs figures de l'opposition. L'ex-président Nicolas Sarkozy a, lui, estimé que le moment viendra "bientôt" de "dire les choses", et surtout de "les faire".

Pour contrer la menace, Bernard Cazeneuve a appelé samedi soir "tous les Français patriotes" à rejoindre la "réserve opérationnelle" qui compte 12.000 volontaires (9.000 de la gendarmerie nationale, 3.000 de la police).

La présidente du FN Marine Le Pen a de son côté dénoncé les "carences gravissimes de l?État" dans la "protection de nos compatriotes". Les "premières annonces" de décès ont démarré, a-t-elle ensuite annoncé sur RTL, et dimanche matin a débuté le "processus douloureux et long" de présentation des corps aux proches des victimes.

Les enquêteurs ont retrouvé à bord du camion frigorifique de 19 tonnes qu'il avait loué avant la tuerie un pistolet, avec lequel il a tiré sur des policiers, mais aussi des armes factices.

Le bilan se montait toujours samedi à 84 morts et 202 blessés mais il pourrait s'alourdir avec 52 personnes toujours entre la vie et la mort.

Au moins 17 étrangers ont aussi trouvé la mort dans l'attaque, dont trois Allemands, deux Américains, trois Tunisiens et trois Algériens. A l'hôpital pédiatrique de Nice, où cinq enfants étaient samedi dans un état critique, le plus jeune des blessés n'a que six mois.

Dimanche, devant le mémorial improvisé sur la très touristique Promenade des Anglais, des passants continuaient à déposer fleurs et messages: "Je penserai à vous le reste de mes jours", dit l'un. Parmi les bougies et les condoléances, des messages: "Assez de discours!", "Marre des carnages dans nos rues!", "Arrêtons le massacre!". Et qui attribue clairement la responsabilité "aux fanatiques", à "toutes ces religions" qui "nous disent comment on doit s'habiller".

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