La population prise au piège — Soudan du Sud

13 Juillet, 2016, 02:10 | Auteur: Lynn Cook
  • Le président du Soudan du Sud Salva Kiir à Juba le 8 juillet 2016

Après quatre jours de violents combats dans la capitale Juba, au moins 36'000 personnes ont préféré fuir leurs foyers.

"Ce ne sont pas seulement les dirigeants qui doivent rendre des comptes, mais toute la chaîne de commandement, y compris les chefs du personnel et autres fonctionnaires, complices de la violence ", a-t-il dit.

Selon des témoins et des médias locaux, aucun avion de combat n'a été aperçu dans le ciel de Juba, et l'aéroport de la capitale a repris timidement ses activités. Ban Ki-moon souhaite un embargo immédiat sur les armes et des sanctions ciblées contre les fauteurs de trouble. "Nous avons déjà eu ce cas de figure par le passé: nous pensions que tout irait bien, mais ce n'était pas le cas". Le Soudan du Sud, l'un des pays les plus pauvres au monde malgré ses richesses pétrolières, a proclamé son indépendance en juillet 2011, à l'issue d'un des plus longs et sanglants conflits d'Afrique (1983-2005, deux millions de morts) contre le régime de Khartoum qui l'a laissé exsangue.

De vendredi soir à lundi, Juba a été le théâtre d'affrontements meurtriers entre forces fidèles au président Salva Kiir, et ex-rebelles du vice-président Riek Machar. La guerre civile a éclaté en décembre 2013 après que Riek Machar, issu de la tribu Nuer, est entré en rébellion contre le président Salva Kiir, qui est pour sa part du peuple des Dinka, et l'a écarté du pouvoir. 36 mille personnes ont fui Juba depuis vendredi dernier et au moins 300 personnes ont été tuées.

Les combats s'étaient amorcés jeudi soir avec des échanges de coups de feu entre les troupes de deux factions rivales.

De son côté, la mission de l'ONU au Soudan du Sud a appelé " les forces de sécurité à permettre aux patrouilles de la Minuss un accès sans entraves dans Juba afin de rassurer la population et protéger les civils ". "On ne peut pas atteindre les personnes dans le besoin à cause des combats en cours et de l'insécurité", alerte Alessandra Vellucci, porte-parole de l'ONU.

Elle a toutefois précisé que ce chiffre risquait d'évoluer.

Le secrétaire général a tout particulièrement condamné les meurtres de deux chinois, soldats de la paix de la Mission des Nations unies, dont les camps et sites de protection des civils à Juba ont été pris pour cible lors de la reprise des combats dans la capitale entre soldats de l'Armée populaire de libération du Soudan (APLS) et de l'APLS dans l'opposition. La Minuss avait annoncé lundi qu'un de ses deux camps à Juba avait été "pris directement dans les combats", faisant 67 blessés, dont huit sont ensuite décédés. Le porte-parole du ministère de la Défense Paddy Ankunda a assuré qu'il ne s'agissait pas d'un nouveau déploiement.

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