Cameron préside son dernier conseil des ministres — Royaume-Uni

13 Juillet, 2016, 02:08 | Auteur: Lynn Cook

Elle s'est alors précipitée pour rentrer à Londres.

"Je suis extrêmement honorée".

Graham Brady, le chef du Comité du Parti conservateur en charge de la campagne électorale, a déclaré, qu'il restait des procédures constitutionnelles à observer, avant que sa nomination ne soit confirmée: "Nous ne parlons pas d'un couronnement, mais de procédures appropriées qui devraient se conclure très rapidement". Mais David Cameron a manifestement devancé le parti en annonçant lui-même ce passage de témoin précipité. Theresa May devrait le remplacer au 10 Downing Street dès mercredi. "(.) Brexit signifie Brexit (.) nous en ferons un succès".

Eurosceptique, Theresa May n'a cessé de critiquer l'Union européenne. Sauf que les catégories les plus modestes du Royaume-Uni se sont tirées une balle dans le pied en ne mesurant pas, campagne démagogique aidant, ce que les subventions européennes leur apportaient réellement. Elle a été désignée candidate par 199 voix des 330 députés conservateurs jeudi dernier, face à Andrea Leadsom, qui avait recueilli 84 voix.

Cela dit, cette version officielle dissimule mal les difficultés rencontrées depuis une semaine par cette politicienne relativement novice. Plus tôt cette année, au cours d'une conversation avec la reine Elizabeth II, l'archevêque de Canterbury et le président de la Chambre des communes, Cameron a qualifié le Nigeria et l'Afghanistan de pays les plus corrompus du monde. Une dispute avec Michael Gove, rival évincé et alors ministre de l'éducation, au sujet de la radicalisation dans certaines écoles britanniques, s'était finie par un ferme recadrage par l'intéressée-et au remaniement suivant, Gove, pourtant très proche ami de David Cameron, était rabaissée, et May confortée dans son poste.

Son retrait intervient après un week-end de violentes polémiques entourant sa candidature. Celle-ci s'est retirée de la course à la succession du premier ministre dans la matinée de ce lundi. La diffusion de la bande sonore de l'entretien sur la BBC samedi matin a mis en évidence la mauvaise foi d'Andrea Leadsom et son manque d'expérience en matière de communication.

Pour tenter de corriger son déficit de chaleur humaine et de communication, elle a diffusé à la une série de photos personnelles, dont plusieurs la montrent tendrement enlacée avec son mari Philip John May, un banquier, ou encore son mariage à l'église en 1980.

Issue de la faction la plus à droite des tories, elle incarnait une candidature de type "Tea Party", soutenue par le souverainiste Ukip (United Kingdom Independence Party), non sans parenté avec le populisme d'un Donald Trump.

Le Times a quant à lui souligné que Mme May avait "moins de deux jours pour former son premier gouvernement". Le retrait d'Andrea Leadsom a donc contribué à nettement accélérer le processus, après l'annonce de sa démission par David Cameron le 24 juin, peu après le résultat du référendum sur l'UE. "Je crois que je le suis", a-t-elle déclaré, forte du soutien d'une majorité des députés travaillistes.

Recommande: