L'Onu dénonce l'"impunité persistante" à l'égard des auteurs de viols — Côte d'Ivoire

12 Juillet, 2016, 21:47 | Auteur: Lynn Cook
  • Ban Ki-moon le secrétaire général de l'ONU Milan 16 octobre 2015

Pour la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour la Côte d'Ivoire, Aïchatou Mindaoudou, "les institutions ivoiriennes ont démontré par les efforts déjà déployés qu'elles sont pleinement conscientes de l'ampleur de ce fléau, mais elles doivent renforcer davantage leurs actions, avec l'appui des agences des Nations Unies, pour lutter contre les violences sexuelles, notamment dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre ".

L'Onu ne dispose pas d'"estimation totale du nombre de cas en Côte d'Ivoire en raison de l'absence de statistiques officielles consolidées" dans le pays, a indiqué à l'AFP une responsable de l'Onuci, Sarah de Hemptinne.

Si dans 90% de ces cas de viol, une enquête a été ouverte, seuls 20% ont débouché sur un jugement, soit 203 cas. Quoiqu'il en soit, tous les viols ayant abouti à un jugement ont fait l'objet d'une " requalification " des faits: les viols sont ainsi jugés comme des délits et non comme des crimes.

Le travail de l'ONU se base ainsi sur 1 129 cas de viols commis entre début 2012 et fin 2015.

Conjointement publié par l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH), ce rapport présente l'analyse des principales tendances concernant les viols et les tentatives de viol commis en Côte d'Ivoire, entre le 1er janvier 2012 et le 31 décembre 2015, ainsi que l'état des poursuites judiciaires contre les auteurs présumés de ces viols et tentatives de viol, et les obstacles à leur poursuite.

Bien que perçue comme un moyen pour les victimes d'accéder à une forme de justice et de faciliter un jugement rapide, cette pratique "minimise la gravité des viols", selon le rapport.

Le pays a connu une décennie de crise politico-militaire, marquée par une partition entre le Nord aux mains d'une rébellion et le Sud contrôlé par le camp de l'ex-président Laurent Gbagbo (au pouvoir entre 2000 et 2011).

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