Le Royaume-Uni " ne doit pas tourner le dos à l'Europe "

12 Juillet, 2016, 20:52 | Auteur: Sandy Vega
  • Londres ne va pas tourner le dos à l'Europe dit David Cameron

Mais alors que Martin Schulz, le président du Parlement européen, a exhorté dimanche M. Cameron à entamer la procédure de sortie de l'UE dès aujourd'hui à Bruxelles, où démarre un sommet des chefs d'Etat et de gouvernements européen de deux jours, une source officielle européenne a déclaré que ce ne serait pas le cas.

La Grande-Bretagne cherchera à entretenir "la relation la plus proche possible" avec les pays européens en termes de commerce, de coopération et de sécurité, a déclaré M. Cameron.

Alors que Londres ne déclenchera l'article 50 sur la demande de sortie de l'UE que début septembre, le président français a confié qu'il aurait "préféré que ce soit immédiat", ajoutant qu'"il n'y a pas de temps à perdre" dans la mise en œuvre du processus de sortie. Mais le dirigeant britannique a encore prévenu lundi que ce n'était pas à lui d'invoquer cet article, laissant cette primeur à son successeur.

"L'UE est assez forte pour surmonter le départ de la Grande-Bretagne, elle est assez forte pour continuer à aller de l'avant même à 27", a lancé de son côté la chancelière allemande Angela Merkel devant le Bundestag.

Un porte-parole de David Cameron a expliqué qu'une équipe de hauts fonctionnaires a été constituée afin d'aider le futur Premier ministre dans la tâche qui l'attend face aux autres pays européens.

Signe de cette volonté des dirigeants européens d'en finir rapidement avec le Royaume-Uni, le président de la Commission européenne, Jean Claude Juncker a exigé du gouvernement britannique de notifier son retrait au Conseil de l'UE "immédiatement".

Jeremy Hunt, ministre britannique de la Santé et candidat à la succession de David Cameron, a évoqué quant à lui un deuxième référendum sur le maintien dans l'Union si Bruxelles autorise Londres à contrôler totalement ses frontières, ce qui semble pour l'instant exclu.

Non, rien de rien, Cameron ne regrette rien.

Mais Paris et Berlin n'apparaissent pas encore sur la même longueur d'onde quand il s'agit de détailler un projet commun.

"Je n'imagine pas un gouvernement britannique quel qu'il soit ne pas respecter le choix de son propre peuple", a poursuivi le président français.

Les pays fondateurs de l'Union "ne sont pas les seuls à porter le projet", a mis en garde M. Juncker, dans un appel à peine voilé à ne pas négliger la voix des pays d'Europe de l'Est qui, froissés de ne pas être suffisamment associés, pourraient être tentés de se tourner vers Moscou. La tourmente politique y est d'autant plus dévastatrice que revient au premier plan la menace d'une sécession de l'Écosse, qui s'est prononcée à 62 % pour le maintien dans l'Union européenne (UE).

Dès dimanche, la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon a jugé 'très probable' un nouveau référendum sur l'indépendance après celui de 2014, marqué par la victoire du 'non'. Les dirigeants européens doivent se revoir dès mercredi matin, au petit déjeuner, pour une discussion sur l'avenir à 27.

A Londres, l'opposition travailliste est au bord de l'implosion.

Le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, dont le pays assure la présidence semestrielle tournante de l'UE, a estimé qu'il fallait peut-être laisser du temps au Royaume-Uni pour qu'il se remette du choc de jeudi dernier.

Lors du dîner de ce mardi à Bruxelles, il devra en tout cas s'expliquer sur les résultats du référendum.

"Le Royaume-Uni ne sera pas le dernier État membre à quitter l'UE", a quant à lui prédit devant ses collègues européens le député europhobe Nigel Farage, qui n'a pas boudé son plaisir mardi, enchaînant les entrevues. De son côté, le ministre des Finances George Osborne s'efforce de rassurer les marchés.

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