Le conflit risque de reprendre de plus belle — Sud Soudan

12 Juillet, 2016, 14:21 | Auteur: Lynn Cook
  • Un membre de la SPLA-IO le 25 avril 2016 à Juba

Dimanche, le Conseil de sécurité de l'ONU a demandé l'aide des pays de la région afin de mettre un terme aux combats au Soudan du Sud et les a exhorté à fournir des Casques bleus supplémentaires à sa mission dans le pays.

"Les 15 membres du Conseil de Sécurité de l'ONU ont demandé aux " pays de la région " et à l'Union africaine de " discuter fermement avec les dirigeants sud-soudanais pour traiter cette crise ".

Le ministère des Affaires étrangères a publié lundi un avertissement de voyage pour le Soudan du Sud en raison de la détérioration de la situation, alors que les combats entre les troupes gouvernementales et rebelles se sont intensifiés.

En attendant, les pays contributeurs de soldats à la MINUSS doivent " tenir bon", a souligné M. Ban, car " tout retrait enverrait un mauvais signal ".

Des hélicoptères de combat ont survolé la capitale, tirant en direction de la résidence du vice-président Riek Machar, selon des journalistes se trouvant à Juba.

Ces combats ont fait "plus de 300 morts" dans la seule journée de vendredi, a précisé le ministre de l'Information.

Ces violences ont fait craindre une reprise des combats dans tout le pays, déchiré depuis décembre 2013 par une guerre civile ayant fait plusieurs dizaines de milliers de morts et près de trois millions de déplacés.

Sur les radios, un appel à la cessation des hostilités par l'influent Conseil des Églises du Soudan du Sud tourne en boucle depuis dimanche, en vain, rapporte le "Sudan Tribune". L'ONU a fait état de tirs de mortiers, de lance-grenades et d'"armes d'assaut lourdes" à Juba. Des milliers d'habitants de la capitale se terraient chez eux ou fuyaient leurs maisons, selon des témoins.

Tous les commandants de l'armée gouvernementale (SPLA) ont " ordre de cesser tout combat et d'obéir à ce décret, de contrôler leurs forces et de protéger la population civile et ses biens", ainsi que d' "assurer la protection de tout groupe ethnique qui pourrait être visé", a poursuivi M. Makuei, selon lequel tout ex-rebelle " qui se rend à la SPLA doit être protégé ".

"En réponse à la violence en cours au Soudan du Sud, le département d'Etat a ordonné aujourd'hui le départ des travailleurs dont la présence n'est pas nécessaire à l'ambassade des États-Unis au Juba", a déclaré John Kirby, porte-parole du département d'Etat.

L'organisation humanitaire Human Rights Watch a sévèrement critiqué dimanche l'attitude du Conseil de sécurité de l'ONU dans la crise au Soudan du Sud, l'accusant d'avoir adopté "une stratégie perdante " qui a "échoué ".

"Les événements de cette fin de semaine confirment que cette stratégie perdante a échoué ", relève-t-il. Des habitants se sont réfugiés dans un camp de l'ONU, à proximité duquel les combats ont éclaté, et qui abrite déjà 28.000 déplacés.

Le Sud à majorité chrétienne se sépare ainsi du Nord musulman après six ans d'autonomie et des décennies de guerre civile entre rebelles sudistes et gouvernements successifs de Khartoum (1959-1972 puis 1983-2005), qui a fait des millions de morts.

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