Ban Ki-moon réclame un embargo sur les armes — Soudan du Sud

12 Juillet, 2016, 21:10 | Auteur: Lynn Cook

Ce lundi matin, les rues de Juba résonnaient encore des tirs d'armes lourdes ainsi que des explosions dues à l'artillerie et aux bombardements par des hélicoptères de combat. Un hélicoptère de combat a également été signalé au dessus de Juba. Dans la nuit, les armes s'étaient tues tandis que des pluies orageuses s'abattaient sur la capitale, rendant encore plus précaire la situation des personnes ayant fui leur foyer pour s'éloigner des combats.

On ignorait lundi le nombre de victimes des combats de dimanche mais, d'après plusieurs médias locaux citant le ministère de la Santé, 270 personnes, combattants et civils, ont péri dans de premiers affrontements vendredi.

Dans une déclaration unanime, les 15 pays membres du Conseil exigent aussi du président sud-soudanais Salva Kiir et de son rival, le vice-président Riek Machar, de "faire le maximum pour contrôler leurs forces respectives et mettre fin d'urgence aux combats".

"Les Etats-Unis condamnent fermement les nouveaux combats qui ont eu lieu à Juba aujourd'hui (dimanche) entre les forces fidèles au président du Soudan du Sud Salva Kiir et les forces du vice-président Riek Machar, y compris les possibles attaques contre des sites civils qui nous ont été rapportées", a annoncé le porte-parole du département d'Etat américain John Kirby dans un communiqué. "Plusieurs quartiers de la capitale, notamment près de l'aéroport international ont été gagnés par les combats".

La compagnie aérienne Kenya Airways a suspendu tous ses vols à destination de Juba.

Des tirs ont de nouveau été entendus dimanche à Juba, où des soldats gouvernementaux et d'anciens rebelles s'affrontaient à la périphérie de la capitale sud-soudanaise, ont déclaré des habitants et la mission locale de l'ONU. "Son excellence le président devrait déclarer et imposer à ses troupes un cessez-le-feu unilatéral. Selon ce que je vois ou entends à Juba, il y a une plus grande probabilité d'escalade de la violence dans ce pays que de stabilité".

"Nos forces ont été attaquées sur la base de Jebel", avait accusé James Gatdet Dak, affirmant que l'assaut avait été repoussé. Les combats ont repris ce lundi, laissant présager du pire. Le Sud à majorité chrétienne se sépare ainsi du Nord musulman après six ans d'autonomie et des décennies de guerre civile entre rebelles sudistes et gouvernements successifs de Khartoum (1959-1972 puis 1983-2005), qui a fait des millions de morts. Des soldats des deux parties sont stationnés près du camp de l'ONU et des habitants de la zone se sont réfugiés dans l'enceinte. Selon des travailleurs humanitaires, des tirs ont aussi touché l'intérieur du camp, blessant plusieurs civils.

Le secrétaire général des Nations unies a également appelé le Conseil de sécurité à prendre des sanctions ciblées contre les responsables de la flambée de violence.

Une escalade meurtrière qui prend place quelques jours après l'anniversaire de l'indépendance du Soudan du Sud.

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