Podemos devancera-t-il les socialistes — Législatives en Espagne

11 Juillet, 2016, 04:31 | Auteur: Jonathan Ford
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Les conservateurs étaient en tête des élections législatives dimanche en Espagne, selon les résultats partiels, devant les socialistes qui résistaient à la coalition dirigée par le parti anti-austérité Podemos dans ce scrutin tenu trois jours après le Brexit.

Une alliance entre le PP et Ciudadanos donnerait aux deux partis 169 sièges au Congrès des députés et les laisseraient à 7 députés seulement de la majorité absolue nécessaire pour investir un Chef de gouvernement.

Le Parti socialiste (PSOE), qui alterne au pouvoir avec le PP depuis plus de 30 ans, reste la première force d'opposition. Ce chiffre est légèrement en hausse par rapport à celui de décembre. Deux ans après son lancement, il s'agit du premier vrai coup d'arrêt pour le mouvement: en l'espace de 6 mois, Podemos et Izquierda Unida ont certes gardé leurs 71 sièges mais ont perdu la bagatelle de 1,2 million de voix. Comme attendu après six mois de tractations infructueuses et d'impasse politique, la participation a été moins élevée qu'en décembre, à 69,8% contre un peu plus de 73% il y a six mois.

"Ce dont l'Espagne a besoin, c'est d'un gouvernement disposant d'un soutien parlementaire fort, en mesure de susciter la confiance, que ce soit en Espagne et en dehors, en mesure d'entreprendre les réformes dont l'Espagne a toujours besoin, et d'apporter la stabilité à l'Europe au moment où elle en a besoin", a dit Mariano Rajoy en appelant les autres partis à s'unir au sein d'une "grande coalition" réunissant les formations du centre gauche et du centre droit. "Podemos c'est le changement pour le pire". Alors que les instituts de sondage promettaient la seconde place du scrutin à l'alliance de la gauche radicale Unidos Podemos, celle-ci est finalement revenue au Parti socialiste (PSOE) qui se place derrière le Parti populaire (PP, droite). Ils n'avaient pas réussi à s'entendre la dernière fois. Mais ce professeur d'université de 37 ans dit ne pas se laisser décourager par cette perspective.

Le PSOE qui a gouverné l'Espagne pendant 21 ans (1982-1996 et 2004-2011) a échoué à rassembler autour de son leader, Pedro Sanchez, une majorité progressiste. " Je veux qu'on chasse les corrompus, qu'on prenne en compte les questions sociales et qu'on écoute les citoyens ". La nouvelle formation centriste Ciudadanos pointe quant à elle en quatrième position, avec 32 députés. Il ne recueille que 29 sièges, loin des 40 remportés en décembre quand il avait séduit les électeurs du PP en dénonçant la corruption.

Les tractations pour former un gouvernement s'annoncent donc encore une fois longues et difficiles.

Aucun ne voulait gouverner avec le PP, affaibli par de nombreux scandales de corruption et la dure politique d'austérité qu'il avait imposée au pays pour le sortir de la crise.

Rajoy table sur cette fois sur la division de la gauche pour qu'elle le laisse cette fois former un gouvernement et évite ainsi aux électeurs exaspérés un troisième retour aux urnes.

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