Décès de Jacques Rouffio, connu pour "La passante du Sans-Souci"

11 Juillet, 2016, 12:16 | Auteur: Sandy Vega
  • Jacques Rouffio était notamment connu pour ses films

Le réalisateur Jacques Rouffio est décédé ce vendredi 9 juillet à Paris à l'âge de 87 ans.

Jacques Rouffio démarre sa carrière dans le cinéma comme assistant-réalisateur sur nombre de films de Jean Delannoy (La Route Napoléon, Obsession), Bernard Borderie (Ces dames préfèrent le mambo, Le Gorille vous salue bien...) et de Jean-Pierre Mocky (Les Dragueurs, Les Vierges). Après plusieurs films comme assistant, c'est en 1967 qu'il tourne son premier long, l'Horizon, sur la révolte des soldats en 1917. Il s'attaque ensuite, "avec un certain sens de la cruauté et de la bouffonnerie, à deux autres tabous de la société française", décrivent ses enfants: le monde médical avec "Sept morts sur ordonnance" (1976), et la spéculation boursière avec "Le Sucre" (1978), qui relate une affaire d'escroquerie à partir de la bulle spéculative sur le prix du sucre.

Jacques Rouffio restera aussi dans l'histoire La Passante du Sans-Souci (1982), d'après le roman de Joseph Kessel, qui sera le dernier film tourné par Romy Schneider. Moins populaire aura été son précédent film, Violette et François (1977), où comment un jeune couple formé par Jacques Dutronc et Isabelle Adjani tente d'assurer sa subsistance en vivant en marge de la société. Sept morts sur ordonnance, c'était la dénonciation de la médecine malhonnête, cette volonté de faire de l'argent dans une clinique comme dans un commerce. La chanteuse Milva Bilcati, Jean Carmet et Serrault étaient également à l'affiche de la comédie grinçante L'Etat de grâce en 1986 confirme sa perte de vitesse, malgré la présence d'Arditi, Sami Frey et surtout de Nicole Garcia, actrice culte omniprésente dans la première moitié des années 80 qui traversa le désert pendant de nombreuses années.

Rouffio tonnait contre les magouilles d'une façon si géniale qu'on ne pouvait qu'éclater de rire tant la dénonciation était époustouflante. On pense à un certain cinéma de Bertrand Tavernier, cette école française qui, comme le faisait le cinéma américain, dénonce les turpitudes et les magouilles. "Avec une jubilation salutaire", a ajouté Gilles Jacob.

L'ancien patron du festival de Cannes "revoit encore certaines scènes fameuses du "Sucre", avec Hanin, Carmet, Depardieu..." C'est seulement en 1975 que sa carrière prend son envol avec le polar 7 morts sur ordonnance (Piccoli, Depardieu, Jane Birkin, Charles Vanel, Marina Vlady...), qui dépasse le million cent-mille entrées en salles. Ses choix risqués et ses scénarios contemporains, souvent écrits par ou travaillés avec Georges Conchon, ont d'ailleurs séduit plusieurs grands acteurs français.

Recommande: