Parti populaire arrivé en tête des élections législatives — Espagne

10 Juillet, 2016, 15:57 | Auteur: Lynn Cook
  • Espagne: les socialistes espagnols rejettent toute coalition avec le Parti populaire

Ce résultat est une déception pour ce parti de gauche radicale: s'inspirant de la Grèce, où le parti Syriza du Premier ministre Alexis Tsipras avait relégué les socialistes du Pasok au rang d'observateurs, Pablo Iglesias espérait affaiblir considérablement le PSOE et le priver de toute chance de diriger un gouvernement.

Par contre, ce scrutin pourrait consacrer la montée du parti de gauche alternative Podemos, qui arriverait en deuxième position d'après les prévisions.

En attendant, la campagne a pris un air de second tour opposant essentiellement les conservateurs à la coalition Unidos Podemos formée par Podemos et par le parti Izquierda Unida (Gauche unie, écolo-communiste), un duel ayant de facto écarté le Parti socialiste. Le Partido Popular arrive en tête avec 137 sièges, soit 14 de plus que lors des législatives du 20 décembre 2015.

Selon El Punt Avui, Ciudadanos, par son incohérence et sa démagogie, n'a réussi qu'à enrayer le traditionnel bipartisme espagnol et "sa pourriture congénitale", avec "un PP et un PSOE qui parviennent à siphonner leurs dernières voix".

Les Espagnols, qui ont élu leurs députés pour la deuxième fois en six mois, ont de nouveau donné la victoire au Parti Populaire (PP) de Mariano Rajoy, la droite au pouvoir depuis 2011. Pour ce qui est de l'alliance possible avec Podemos, Pedro Sánchez souligne à nouveau leur principal sujet de discorde, à savoir la question de l'indépendance de la Catalogne, avec des phrases du type: "Le droit que défend Iglesias est celui de l'autodétermination de la Galice, du Pays basque et de la Catalogne". Pour constituer une majorité stable, le parti conservateur peut se tourner vers les centristes de Ciudanos, une autre formation montante dans le paysage politique espagnol, qui récoltent 13% des voix et 32 sièges au Parlement (contre 40 précédemment), ainsi que vers les partis régionaux. Mais les tensions sont telles entre ces deux formations rivales que leur alliance semble improbable.

Voix éteinte et sourcils froncés, le candidat Pablo Iglesias, professeur de sciences politiques de 37 ans, a admis une "déception".

Venue spécialement de Paris où elle travaille, la jeune femme était de ceux qui criaient leur "ras-le-bol" des politiques d'austérité et de la corruption avec les "Indignés", il y a cinq ans, sur la place madrilène de la Puerta del Sol.

Podemos promet de mettre fin à l'austérité en relançant les dépenses sociales, et de mettre fin à la corruption.

Le blocage politique a obligé le roi Felipe VI à convoquer de nouvelles élections, afin de sortir le pays de l'impasse politique.

Ils se tourneront naturellement vers le libéral Ciudadanos, dont le chef Albert Rivera a annoncé qu'il était prêt à commencer ces discussions.

Rajoy table cette fois sur la division de la gauche pour qu'elle le laisse former un gouvernement et évite ainsi aux électeurs exaspérés un troisième retour aux urnes. Le PP espère encore pouvoir convaincre le PSOE de former une grande coalition à l'allemande ou de s'abstenir lors du vote d'investiture afin de laisser les conservateurs gouverner.

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