Les socialistes refusent leur appui à Rajoy — Espagne

10 Juillet, 2016, 16:17 | Auteur: Lynn Cook
  • Les socialistes refusent leur appui à Rajoy — Espagne

" Nous avons gagné les élections, nous revendiquons le droit de gouverner ", a déclaré en fin de soirée Mariano Rajoy à ses partisans réunis au quartier général du Parti populaire dans le centre de Madrid.Plusieurs formules sont envisageables, à commencer par une alliance PP-Ciudadanos, une " grande coalition "à l'allemande entre le parti de Rajoy et le PSOE ou même un gouvernement minoritaire de la droite.

Les électeurs espagnols électeurs ont commencé à voter, six mois après qu'un précédent scrutin législatif n'a pu aboutir à la formation d'une coalition gouvernementale, les partis traditionnels - le Parti populaire (PP) et le Parti socialiste espagnol (PSOE) - ayant été bousculés par les nouveaux venus que sont Unidos Podemos et le centriste Ciudadanos.

Mariano Rajoy, qui n'a pas réussi à convaincre le PSOE de le rejoindre dans une grande coalition, ne profite pas de l'affaiblissement des socialistes et si certaines sondages lui octroient jusqu'à 130 députés (soit 7 de plus qu'en décembre), le consensus est plutôt autour de 118-120 Là encore ce serait le plus faible résultat du PP depuis 1989.

Si M. Rajoy s'accroche à son siège et que la droite ne parvient pas à obtenir le soutien de Ciudadanos et du PSOE, il ne reste qu'une possibilité pour qu'un gouvernement soit formé en Espagne: que, le socialiste Pedro Sanchez scelle un accord à trois, avec Ciudadanos et Unidos Podemos, comme ils l'avaient essayé, sans succès, en mars.

Unidos Podemos, qui était donnée à la deuxième place par un sondage sortie des urnes à 20h00 (18H00 GMT), resterait troisième avec 71 sièges. "Ce ne sont pas de bons résultats", a reconnu Iñigo Errejón, le numéro deux de Podemos. Mais l'inimitié entre les deux formations est telle que leur alliance paraît improbable et que beaucoup craignent un nouveau blocage après le scrutin.

Les mises en garde de Mariano Rajoy contre les "expérimentations. des extrémistes et des radicaux" après le Brexit, qui a entrainé vendredi la bourse de Madrid dans la pire chute de son histoire, n'ont pas endigué la progression de la gauche radicale. Le scrutin a néanmoins, et de façon surprenante, renforcé la droite au pouvoir (PP) qui l'emporte largement avec 33% des voix et 137 députés, soit 12 de plus que l'année dernière. Aucun ne voulait gouverner avec le PP, affaibli par de nombreux scandales de corruption et la dure politique d'austérité qu'il avait imposée au pays pour le sortir de la crise.

Pablo Iglesias, le chef de Podemos, veut gouverner avec le PSOE, qu'il appelle " la vieille sociale-démocratie ".

Le chef du gouvernement sortant Mariano Rajoy.

Ils se tourneront naturellement vers le libéral Ciudadanos, dont le chef Albert Rivera a annoncé qu'il était prêt à commencer ces discussions.

Justina Zamora, une retraitée de 65 ans qui a voté pour le PSOE près de Barcelone, a exprimé l'espoir que cette fois-ci les partis " seront capables de dépasser leurs égoïsmes et de former un gouvernement.

Dans l'immédiat, une fois que le nouveau Parlement se sera réuni, à partir du 19 juillet, il appartiendra au roi Felipe VI de désigner un candidat au poste de président du gouvernement. "Chacun doit y mettre du sien".

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