Le Royaume-Uni en pleine tourmente, l'UE s'impatiente — Brexit

10 Juillet, 2016, 21:35 | Auteur: Sandy Vega
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Leur vote était uniquement le reflet de leur mécontentement et une expression de leur désaccord avec la politique du gouvernement de David Cameron.

Tout en affirmant que le résultat du scrutin de jeudi dernier devait être accepté, David Cameron a confirmé qu'il entendait prendre son temps, souhaitant que les relations économiques avec les Vingt-Sept restent les plus fortes possibles. "Aujourd'hui et demain nous avons l'occasion d'avoir cette discussion (sur la réforme de l'UE) avec les autres chefs d'État et de gouvernement".

En tout cas, la procédure de divorce doit être enclenchée dès que possible.

"Il sentait bien que c'était une décision historique et se sentait responsable", a-t-il témoigné, soulignant qu'il n'y avait eu "autour de la table pas de volonté d'humilier" M. Cameron "parce que ç'aurait été humilier le peuple britannique". Son successeur est attendu en septembre. Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, a poursuivi sa ligne intransigeante en apprenant qu'un nouveau Premier ministre britannique serait désigné d'ici le 9 septembre prochain. Les trois poids lourds fondateurs de l'UE - principales économies de la zone euro - veulent aussi donner une "nouvelle impulsion" au projet européen.

"Même si nous sommes en train de quitter l'UE, nous ne tournons pas le dos à l'Europe", a assuré le Premier ministre David Cameron à son arrivée à un sommet européen crucial à Bruxelles, en faisant valoir que les 27 autres Etats membres restaient "des voisins, des amis, des alliés, des partenaires".

"Nous sommes d'accord là-dessus, il n'y aura pas de discussions formelles ou informelles sur la sortie de la Grande-Bretagne de l'UE tant qu'il n'y aura pas de demande de sortie de l'UE au niveau du Conseil européen", a averti lundi la chancelière allemande Angela Merkel pendant une conférence de presse à Berlin au côté du président français François Hollande et du Premier ministre italien Matteo Renzi, à la veille d'un sommet européen, mardi et mercredi, à Bruxelles.

David Cameron a dit être "triste" de ne pas avoir réussi à convaincre les Britanniques de voter en faveur du maintien dans l'UE, mais ne pas regretter d'avoir organisé le référendum.

François Hollande a pour sa part d'ores et déjà posé les conditions des futures relations entre l'UE et le Royaume-Uni. Au programme selon le Guardian, un entretien avec le président du Parlement européen Martin Schulz et Jean-Claude Juncker, mais pas de rencontre prévue avec Donald Tusk, président du Conseil européen.

Le Royaume-Uni et l'UE ont été invités par les autorités locales à mener leurs négociations sur le Brexit à Maastricht, au sud des Pays-Bas, 25 ans après la signature du traité du même nom sur l'Union européenne et la monnaie unique.

Les députés européens, réunis en session extraordinaire, ont adopté hier une résolution enjoignant Londres de notifier son départ "aussi rapidement que possible".

Parmi les chantiers à engager, il a insisté sur la sécurité, la lutte antiterroriste -un attentat a encore fait 36 morts à l'aéroport d'Istanbul mardi soir-, la croissance et l'emploi.

Le Brexit a plongé le Royaume Uni dans une tourmente politique sans précédent, ravivant notamment l'hypothèse d'une sécession de l'Ecosse, majoritairement pro-européenne.

Le ministre des Finances a observé que les finances publiques du pays souffriraient en réaction au Brexit mais il a ajouté que de noucelles mesures budgétaires ne seraient pas proposées avant l'automne, quand un nouveau Premier ministre sera choisi, vraisemblablement au mois d'octobre.

Enfin, l'opposition travailliste est au bord de l'implosion.

La question de l'immigration, en provenance notamment d'Europe de l'Est, a joué un rôle majeur dans la campagne pour le référendum du 23 juin au Royaume-Uni, qui a débouché sur un vote favorable à 52% au Brexit, la sortie du pays de l'UE.

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