SFR est en sureffectif...et ça l'énerve — Patrick Drahi

25 Juin, 2016, 01:53 | Auteur: Aubrey Nash
  • Patrick Drahi propriétaire de l'opérateur télécoms SFR auditionné par le Sénat le 8 juin 2016 à Paris

Deux ans après, la mesure de préservation de l'emploi est donc toujours d'actualité mais elle agace celui qui vient de céder (fictivement) les rênes d'Altice, actionnaire principal de Numericable-SFR, à son numéro deux, Dexter Goei. Dans une interview livrée à des journalistes à New York, l'homme d'affaires franco-israélien a dressé une comparaison entre cette garantie sur l'emploi, qui promettait zéro licenciement dans les trois ans suivant le rachat de Numericable par SFR et une garantie sur un produit acheté. Aujourd'hui [le 21 juin 2016, ndlr], on est dans une situation où les gens savent que la garantie s'arrête dans un an.

La holding avait assuré que son projet d'absorption se ferait " en respectant à la lettre chacun des engagements pris auprès du gouvernement ", comme ne pas supprimer des postes pendant trois ans. Au bout de trois ans, la machine à laver tombe en panne on fait comment?

Les autorités de l'Etat de New York ont donné leur accord mercredi au rachat de Cablevision Systems par Altice pour 17,7 milliards de dollars (15,7 milliards d'euros), une opération qui créera le numéro quatre de la télévision par câble aux Etats-Unis.

Ce dernier a ajouté " On est quand même dans une situation en France où tous nos concurrents ont licencié à tour de bras et nous, on a pris une garantie sur trois ans à un moment où on vend à 1 euro par mois des abonnements. Ce dernier continuera à définir l'agenda stratégique, opérationnel et technologique du groupe qu'il a fondé à la tête du Conseil consultatif d'Altice Group créé à cet effet. "Forcément ça crée des tensions parce qu'en fait les gens seraient plutôt d'accord (pour) organiser quelque chose maintenant plutôt que d'attendre encore un an sans savoir comment les choses vont s'organiser", a déclaré à la presse le magnat des télécoms, selon des propos repris par l'AFP.

Les syndicats dénoncent une réduction des coûts qui dégraderait l'ambiance de travail chez SFR et chez les fournisseurs.

Selon la CGT, 3000 emplois en France seraient sur la sellette. Il affirme que ses relations avec les syndicats en France sont "au beau fixe". Une critique sur son management à laquelle Patrick Drahi a répondu en jugeant que "les gens ont horreur des chefs d'entreprise qui font de la politique, qui ne disent pas ce qu'ils vont faire, qui font semblant". Et que se passe-t-il lorsqu'on est en sureffectif?

Les syndicats sont loin d'être sur la même longueur d'onde. Pas sûr que le départ d'un salarié lui inflige une égale peine de cœur.

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