60 000 manifestants ultra-encadrés à Paris — Loi travail

25 Juin, 2016, 10:17 | Auteur: Lynn Cook
  • Manifestations Paris Loi Travail 26 mai 2016

Dans la capitale, les manifestants étaient tenus à un aller-retour d'un peu plus de 1,5 km entre la place de la Bastille et la Seine, avec interdiction de s'écarter de cet itinéraire très surveillé. "Il va y avoir du monde", a prédit le leader du syndicat CGT Philippe Martinez devant la presse, avant le top départ qui s'est fait sous le contrôle serré de la police. C'est le conseil qu'a adressé ce jeudi 23 juin la préfecture de police aux manifestants qui se sont donné rendez-vous à 14 heures place de la Bastille, à Paris.

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve s'est félicité des "conditions optimales", sans heurts ni casse, dans lesquelles s'est déroulée la manifestation controversée contre la loi travail jeudi à Paris. Comme le directeur de la gendarmerie nationale Denis Favier, interrogé en 2015 par la commission d'enquête parlementaire sur "le maintien de l'ordre dans le respect de la liberté de manifester", lancée après la mort du zadiste Rémi Fraisse: "Nous sommes capables de suivre les meneurs (des casseurs) et, par le biais d'un dispositif de préfiltrage, de commencer un tri", déclare-t-il déjà.

Une centaine de personnes parties en manifestation non autorisée dans le nord de Paris jeudi soir ont dégradé la façade du siège du syndicat réformiste CFDT.

Environ 70 000 manifestants selon les autorités, plus de 200 000 selon la CGT, ont défilé dans toute la France (Paris compris), pour cette 10e journée d'actions à l'initiative de l'intersyndicale CGT, FO, Solidaires, FSU, UNL, Unef, Fidl.

M. Martinez voit comme un "problème" le fait que "le gouvernement, le président de la République ne répondent toujours pas à une opinion publique qui est contre ce texte (...) qui n'a pas de majorité à l'Assemblée".

"Etat policier, on ne nous empêchera pas de manifester", scandaient des manifestants défilant derrière des drapeaux du syndicat Sud.

Une nouvelle journée est prévue le 28 juin, jour du vote au Sénat, avec remise à l'Élysée des résultats de la votation citoyenne contre la loi travail.

Plusieurs dizaines de manifestants commencent à se rassembler à Clermont-Ferrand.

Concentrant leurs critiques sur Manuel Valls, CGT et FO ont à nouveau insisté pour être reçues par François Hollande, qui a affirmé qu'il irait "jusqu'au bout" sur la loi travail.

"A chaque fois qu'on essaie d'apaiser les choses, le Premier ministre remet de l'huile sur le feu (...) en dénigrant les syndicats", a dénoncé M. Martinez.

Maintenant que la manifestation est terminée, les syndicats font les comptes: d'après eux, il y aurait eu 60 000 personnes dans les rues. Ils étaient entre 19.000 et 20.000, selon la préfecture de police. A Rennes, au cours d'une manifestation sauvage qui s'est détachée du parcours officiel, des manifestants cagoulés et armés de marteaux s'en sont pris à des vitrines.

Aucune perturbation n'est prévue à la SNCF. Néanmoins, Easyjet a préventivement annulé une soixantaine de vols.

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